Diageo renforce en Turquie sa présence sur les prometteurs marchés émergents
Le géant des spiritueux Diageo ajoute une corde à son arc en mettant la main sur Mey Icki, numéro un de la boisson alcoolisée nationale turque, le raki. Une opération scellée auprès de TPG pour une valeur d’entreprise de 3,3 milliards de livres turques (1,53 milliard d’euros). Le fonds texan avait acquis 90% de Mey Icki en 2006 pour 800 millions de dollars. Le solde du capital est cédé par le fonds de private equity turc Actera et par l’équipe dirigeante. Des sources concordantes avaient fait état en décembre dernier de discussions préliminaires concernant cette opération, considérée alors pour TPG comme une alternative à l’introduction en Bourse du groupe turc.
Cette acquisition, la plus importante pour Diageo depuis plus d’une décennie, appuie la stratégie du groupe au sein des marchés émergents. Le directeur général Paul Walsh s’est félicité d’une acquisition stratégique «au sein de ces marchés émergents qui, comme la Chine et le Vietnam, disposent d’une classe moyenne en forte croissance». Les analystes de Kepler Capital Markets se réjouissaient justement avant l’annonce de l’opération (évoquée dimanche par le Wall Street Journal) du fait qu’elle renforcera de 6 points à 39% la part des marchés en développement dans l’activité de Diageo. Le groupe assure que la transaction aura un impact positif de 1% sur le bénéfice par action un an après sa finalisation attendue au second semestre 2011.
Diageo bénéficiera en Turquie d’une taille critique et d’un solide réseau de distribution, susceptible de constituer un relais de croissance pour les marques internationales du groupe. Le tout devant s’accompagner d’une montée en gamme de l’activité de Mey Icki, sous l’impulsion d’une population «jeune et urbaine» comme le souligne MF Global.
Le prix payé a également été bien accueilli. Il représente 9,9 fois l’Ebitda 2010 de la cible selon Andrew Morgan, président de Diageo pour l’Europe, contre un multiple moyen de 12,7 fois sur le secteur au cours de la décennie écoulée selon Bloomberg. Qui plus est, Kepler met en avant que le prédateur britannique conserve les moyens d’étancher sa soif de croissance externe, avec une force de frappe d’au moins 1,5 à 2 milliards pour de nouvelles acquisitions après la prise de contrôle de Mey Icki. Le groupe britannique négocie d’ailleurs actuellement l’acquisition d’une part au capital du chinois Sichuan Chengdu Quanxing.
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