Deux fonds poussent à une scission de la maison mère de Standard & Poor’s
La pression monte sur la direction de McGraw-Hill, la société américaine d’édition et de données financières, maison-mère notamment de l’agence de notation Standard & Poor’s. Le hedge fund Jana Partners et le fonds de pension canadien Ontario Teachers viennent de franchir ensemble le seuil des 5% du capital. Ils détiennent précisément, de concert, 5,2% du capital, ce qui fait d’eux les premiers actionnaires de la société devant la famille McGraw (4,7%), héritière du fondateur. Leur objectif: accélérer la réorganisation du portefeuille de McGraw-Hill avec en ligne de mire la vente ou la scission de l’activité d’édition de livres scolaires.
Malgré une hausse de 13% de son cours de Bourse depuis le 1er janvier 2011, McGraw-Hill reste distancée par son concurrent américain Moody’s, dont le titre a gagné 33% cette année. La contre-performance relative est également significative sur une plus longue période. Dans une note récente, les analystes de Goldman Sachs indiquaient qu’une scission ou une vente de certains segments permettrait une revalorisation du groupe dont la décote par rapport aux comparables tourne autour de 20%. Selon Piper Jaffray, une scission porterait le titre vers les 53 dollars, contre 41 dollars actuellement. Pendant que la division services financiers, qui intègre S&P, affichait l’an dernier une marge opérationnelle de 38%, l’édition de livres scolaires plafonnait à 15%.
Jana Partners a indiqué avoir récemment rencontré les dirigeants de McGraw-Hill. La discussion aurait été «cordiale», selon une source citée par le New York Times. Une nouvelle réunion devrait avoir lieu la semaine prochaine. Avec une capitalisation boursière de 12,5 milliards de dollars, McGraw-Hill constitue la plus grosse proie pour des activistes cette année. Mais Jana Partners a l’habitude de ces combats. Le hedge fund est notamment à l’origine de la récente scission du groupe néerlandais de livraison TNT ou de la société gazière El Paso Corp.
Harold McGraw, le directeur général de la société, et arrière-petit-fils du fondateur, a rappelé dans un communiqué en début de semaine que le groupe menait depuis l’an dernier une revue complète de son portefeuille d’activités. Et il a récemment promis des mesures «significatives» au cours du second semestre. McGraw-Hill a déjà vendu fin 2009 le magazine BusinessWeek à Bloomberg.
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