Deux ans après l’attaque de Muddy Waters, Temasek veut se renforcer au capital d’Olam
Les actifs agricoles aiguisent les convoitises. Alors que le courtier néerlandais en céréales et oléagineux Nidera doit être repris par le chinois Cofco et que ce dernier discute de la création d’une coentreprise avec Noble Group, une filiale de Temasek, le fonds souverain de Singapour, propose de racheter le solde du capital d’Olam International présent sur le marché. Breedens Investments offre 2,23 dollars singapouriens par action en numéraire, soit une prime de 12% sur le dernier cours de clôture précédant l’annonce de l’opération.
L’OPA valorise le premier négociant mondial en riz, café et cacao à 5,3 milliards de dollars de Singapour (3,01 milliards d’euros environ). Elle est menée de concert avec les autres actionnaires de référence du groupe : Aranda Investments (une autre filiale de Temasek), la société de la famille fondatrice d’Olam et les dix membres du comité exécutif. Le consortium (Breedens inclus) détient une participation cumulée de 52,5%. Kewalram, la holding familiale, et trois membres de la direction sont convenus d’apporter à l’offre une part représentant 5,6% du capital.
Conseillé par Credit Suisse, DBS et United Overseas Bank, Breedens ne prévoit pas de changements majeurs dans la stratégie du groupe ou ses effectifs. Il compte également maintenir la cotation de la société, à moins que le seuil minimum de 10% de flottant ne soit pas respecté. «Nous pensons qu’une offre victorieuse apportera à Olam une base actionnariale plus solide et plus stable afin de soutenir sa stratégie et son business model sur le long terme», estime David Heng, directeur exécutif senior de Breedens.
Une marque de confiance d’autant plus remarquable que le fonds singapourien est devenu l’un des principaux actionnaires d’Olam en réponse aux attaques de Muddy Waters. Fin 2012, Temasek a monté une opération de financement de 1,25 milliard de dollars destinée à saborder les positions vendeuses accumulées par le hedge fund. A l'époque, le gérant de Muddy Waters, Carson Block, avait évoqué une faillite imminente. Pour témoigner de sa solidité, Olam avait enchaîné avec une émission d’obligations convertibles et de warrants. Breedens prévoit également de les racheter.
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