Deutsche Telekom tire parti d’une moindre subvention des terminaux aux Etats-Unis

L’opérateur confirme un excédent brut d’exploitation annuel de 18 milliards d’euros accompagné d’un dividende d’au moins 70 cents par action
Yves-Marc Le Réour

Malgré des vents contraires en Europe, Deutsche Telekom (DT) est parvenu à stabiliser son excédent brut d’exploitation (Ebitda) ajusté à 4,7 milliards d’euros au deuxième trimestre, légèrement au-dessus des 4,6 milliards anticipés par le consensus Bloomberg. Ce résultat reflète avant tout une meilleure maîtrise des coûts de sa filiale T-Mobile USA en raison d’un niveau de subvention des terminaux plus faible sur la période. En rythme annuel, la filiale américaine a réduit ses subventions de 38% entre avril et juin, entraînant une hausse de 5,7% de son Ebitda ajusté exprimé en dollars; la progression atteint 18,6% en euros à 1,1 milliard grâce à un effet favorable de conversion. T-Mobile USA, qui n’a pu être cédé l’an dernier à ATT suite à des obstacles réglementaires, a néanmoins perdu au cours du trimestre écoulé 557.000 clients sous contrat, ce qui porte à près de 2,8 millions la diminution de sa base d’abonnés en deux ans.

Le chiffre d’affaires consolidé de DT a reculé de 0,7% à 14,4 milliards d’euros, sous l’effet d’un repli de 3,1% de ses ventes en Allemagne et de 5,9% dans le reste de l’Europe. Le groupe maintient sa prévision d’un excédent brut d’exploitation ajusté d’environ 18 milliards pour l’ensemble de l’exercice (contre 18,7 milliards en 2011), accompagné d’un dividende par action au moins égal à 70 cents. «Compte tenu des problèmes économiques rencontrés en Europe, DT résiste bien mieux que ses concurrents», commente Jacques Abramowicz, analyste chez Silvia Quandt à Francfort.

L’opérateur se démarque notamment de Telefonica, contraint de suspendre son dividende et son programme de rachat d’actions pour mieux pouvoir rembourser sa dette dans un contexte de concurrence exacerbée par la baisse du pouvoir d’achat des ménages en Espagne. La faiblesse de la demande a également conduit le néerlandais KPN à annoncer le mois dernier une baisse de 61% de son dividende semestriel. «Nous tenons parole et offrons au marché une bonne dose de fiabilité avec des chiffres très solides», juge Rene Obermann, président du directoire de DT. Mais une hausse annoncée des dépenses de marketing et des investissements dans le réseau mobile en Allemagne et aux Etats-Unis pourrait peser sur la rentabilité opérationnelle du groupe au cours du second semestre.

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