Deutsche Telekom dispose d’un an pour décider de l’avenir de T-Mobile USA
Deutsche Telekom (DT) ne peut s’en tenir au statu quo aux Etats-Unis. C’est l’avis unanime des analystes après la fusion avortée entre la filiale américaine de l’opérateur allemand et son concurrent AT&T. L’échec de cette transaction de 30 milliards d’euros laisse DT «avec une activité en perte de vitesse, alors même qu’il fait face à la crise des dettes souveraines en Europe», relève Jacques Abramowicz, analyste chez Silvia Quandt Research. T-Mobile USA a perdu 849.000 clients sous contrat durant les neuf premiers mois de l’exercice et son excédent brut d’exploitation a baissé de 5,5% en rythme annuel.
Le paiement en numéraire d’une indemnité de rupture de 3 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros) correspond aux investissements annuels de sa filiale américaine jusqu’ici, mais le passage à la technologie mobile de quatrième génération fera nettement augmenter cette enveloppe d’ici à 2014. DT recevra par ailleurs un milliard de dollars sous forme de fréquences mobiles, tandis que les accords d’itinérances conclus avec AT&T élargiront sa couverture de 22% à 280 millions de clients potentiels. «A long terme, nous avons besoin de plus de fréquences et de capacités réseaux. Nous travaillons là-dessus», a indiqué hier le directeur général de DT Rene Obermann.
«Un partage des investissements dans les infrastructures mobiles 4G avec AT&T ou Sprint est envisageable, de même qu’un partenariat avec Clearwire ou la participation dans six mois à la prochaine série d’enchères pour élargir son spectre de fréquences», relève Jonathan Atkin analyste chez RBC Capital. Mais ces sorties de cash, nécessaires pour préserver la position concurrentielle de sa filiale, n’amélioreront pas la structure financière de l’opérateur allemand. Celui-ci, qui comptait utiliser 13 milliards d’euros sur le produit de la cession de T-Mobile USA pour réduire une dette de 43,4 milliards à fin septembre, ne pourra y affecter que l’indemnité de rupture versée en cash.
Pour accroître la capacité d’autofinancement de sa filiale, le directeur financier de DT Timotheus Hoettges a évoqué la cession des sites de transmission mobile aux Etats-Unis, qui rapporterait «jusqu’à 3 milliards de dollars», estime Jonathan Atkin. La mise en bourse d’une partie du capital de la filiale américaine ou un désengagement au profit de fonds d’investissement ne sont pas à exclure à ce stade de la réflexion.
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