Des fusions-acquisitions sous contrainte attendent l’automobile
En ce début d’année, la plus grosse opération de fusion-acquisition (F&A) est sans conteste à mettre au crédit de Porsche (voir tableau), contraint de lancer une offre sur Scania après sa prise de contrôle effective de Volkswagen.
D’ailleurs, à en croire les 200 dirigeants interrogés par KPMG dans le cadre de son étude annuelle sur l’automobile, ce «deal» pourrait bien être annonciateur d’une plus vaste redistribution des cartes dans le secteur. Si par rapport à l’an passé la proportion de sondés prévoyant des mouvements chez les équipementiers de rang 1 est restée stable (71%), elle a en revanche fait un bond en avant concernant les constructeurs (de 47% à 72%) et les distributeurs (49% à 60%).
Pour la plupart des transactions, les motivations devraient toutefois être bien différentes de celles de Porsche vis-à-vis de Volkswagen. Il y a un an, 95% des professionnels voyaient dans les acquisitions un moyen d’accéder à de nouveaux marchés et de nouveaux clients. A l’avenir, les opérations promettent d’être plus défensives: parmi les principaux motifs mis en avant figurent les synergies de production (pour 85% des répondants), la pression sur les coûts d’approvisionnement (74%) et même le risque de faillite. Plus de sept dirigeants sur dix le voient comme un élément à même de pousser à des F&A alors qu’ils n’étaient qu’un sur trois dans ce cas il y a deux ans.
Ces réponses cadrent en tout cas parfaitement avec le sombre panorama économique dressé pour les années à venir. Près de la moitié du panel se dit incapable de donner un avis sur les résultats à venir du secteur. Du coup, les sondés sont deux fois plus nombreux qu’il y a un an (77%) à redouter une augmentation des faillites dans l’automobile, la baisse des revenus (90%) étant le principal handicap mis en avant. Les craintes de faillites croissantes grimpent même à 87% pour les sous-traitants de premier rang. Mais, certainement échaudés par les déboires de GM ou Chrysler, les professionnels sont aussi 75% à craindre une hausse des défaillances chez les constructeurs.
Tous sans exception jugent également que le secteur est en surcapacités. De quoi justifier les restructurations engagées récemment, lesquelles devraient se poursuivre y compris au-delà de 2009. Neuf dirigeants sur dix en anticipent au moins jusqu’en 2010.
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