Des actionnaires minoritaires de Colas se liguent pour réclamer une OPR
Des actionnaires minoritaires mécontents de Colas montent à l’abordage. Ils souhaitent contraindre Bouygues, détenteur de 96,6% du capital et de 97,8% des droits de vote de sa filiale spécialiste de la construction de routes, à lancer une offre publique de retrait (OPR).
Leur avocat, Julien Visconti, a indiqué à L’Agefi que faute d’accord avec Bouygues à la suite d’un courrier transmis fin janvier, il entendait déposer «d’ici quelques jours à deux semaines» un dossier formel en ce sens auprès de l’AMF, qui pourrait rendre une décision dans un délai de deux semaines à un mois. Si cette décision devait être défavorable aux minoritaires de Colas qu’il défend, l’avocat est disposé à s’en remettre au jugement de la Cour d’appel de Paris.
La grogne regroupe selon Julien Visconti «une petite dizaine d’actionnaires, presque exclusivement des fonds», détenant tout de même avec environ 220.000 actions, plus du quart du flottant (hors les 0,9% détenus par le FCPE Colas). L’avocat se dit confiant dans le sort réservé par l’AMF à l’offensive, qui satisfait pleinement à ses yeux les deux conditions que sont la détention de plus de 95% des droits de vote par Bouygues et l’impossibilité pour ses clients, au regard d’une liquidité moyenne de 1.200 titres quotidiens sur les douze derniers mois, de pouvoir solder des positions détenues depuis plusieurs années «dans des conditions normales de cours et de délai». A 137,50 euros hier en clôture, le titre Colas évolue en effet selon l’avocat bien en-deçà d’un cours de retrait équitable qu’il évalue au minimum entre 180 et 200 euros. Encore, «la valeur d’actif net réelle» est-elle «probablement bien plus élevée».
Bouygues, pour qui une OPR au cours actuel représenterait un montant voisin de 112 millions d’euros, s’est toujours refusé à lancer la manœuvre. Contactés par L’Agefi, les services de la communication du groupe diversifié et de sa filiale Colas ne souhaitaient pas faire de commentaire. A l’occasion du rachat de quelques milliers d’actions Colas il y a trois ans, un porte-parole de Bouygues déclarait à l’AFP qu’une OPR n’était «pas à l’ordre du jour», le groupe achetant des titres «quand c’est possible en profitant des cours bas».
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