Dédaigné par Apax Partners, le danois ISS se prépare à pousser les portes de la bourse
Nasdaq OMX Copenhague va connaître un début d’année animé. Le marché boursier danois doit accueillir dans un avenir proche, vraisemblablement au printemps, le leader mondial du multiservice ISS. L’annonce de l’opération suit logiquement l’abandon, le mois dernier, d’une offre de rachat de 6,4 milliards d’euros formulée par Apax Partners. Son succès aurait marqué la plus importante acquisition par un fonds européen de private equity depuis la crise financière.
ISS prévoit de placer jusqu'à 13,3 milliards de couronnes (1,78 milliard d’euros), principalement par le biais de l'émission d’actions nouvelles. Une opération historique puisqu’il faut remonter à l’introduction en Bourse de l’opérateur en télécoms TDC en 1994 pour trouver trace d’un montant supérieur. «Il y a un appétit pour les IPO sur le marché en ce moment, on voit de la liquidité», a justifié Jeff Gravenhorst, le directeur général d’ISS. La valeur de la société est estimée à un peu moins de 50 milliards de couronnes.
Fondée en 1901, ISS va redevenir publique plus de cinq ans après avoir été rachetée par Goldman Sachs Capital Partners et EQT Partners, le véhicule d’investissement de la famille Wallenberg, pour 21,9 milliards de couronnes. Sous leur houlette, ISS a connu un développement spectaculaire, élargissant son activité initiale de nettoyage à d’autres, telles que la sécurité, la maintenance ou les services immobiliers. Son chiffre d’affaires est passé de 40 milliards de couronnes en 2004 à 74,1 milliards l’an dernier, son nombre d’employés de 270.000 à 520.000. Les deux fonds, qui céderont une partie de leur investissement, devraient rester au capital un certain temps avant de se désengager à terme, estiment les analystes de Jyske Bank.
Les fonds tirés de l’opération vont permettre à ISS d’abaisser son gearing. La dette nette s'établissait à 30,6 milliards de couronnes en fin d’année dernière. La direction compte réduire le ratio dette nette /Ebitda de 6 à fin 2010 à 3,5 immédiatement après l’IPO. ISS, noté BB- par S&P et B2 par Moody’s, en a profité hier pour souligner le dynamisme retrouvé en 2010 : la croissance organique a atteint 3,5% contre 0,6% l’année précédente. Le groupe reste toutefois dans le rouge, avec une perte nette ramenée de 1,62 milliard en 2009 à 532 millions de couronnes.
Plus d'articles du même thème
-
Céline Dion pourrait apporter un léger coup de pouce à la croissance française
La star québécoise donnera 16 concerts devant 480.000 spectateurs à La Défense Arena cet automne. L’exclusivité mondiale de ces shows pourrait attirer de nombreux visiteurs étrangers à Paris et ajouter jusqu'à un milliard d'euros d'activités à l'économie française. -
La justice américaine abandonne les poursuites contre Jerome Powell
Cette décision devrait ouvrir la voie à la nomination de Kevin Warsh en tant que prochain président de la banque centrale américaine. -
Argan verdit son financement
La foncière cotée a émis une obligation de 500 millions d’euros assortie d’un coupon proche de 3,8 % et conforme à son tout nouveau cadre de financement vert.
ETF à la Une
Les investisseurs en ETF se détournent des actions européennes
- Cofidis poursuit sa route aux côtés du Crédit Mutuel Alliance Fédérale
- Apple garde l'innovation produit au centre de sa stratégie avec John Ternus
- Tim Cook annonce son départ d’Apple
- La faiblesse congénitale de la finance décentralisée
- Dassault Systèmes trouve enfin les mots pour rassurer les investisseurs
Contenu de nos partenaires
-
Milan : Le Salone del Mobile, nouvelle scène stratégique du luxe
Pendant plus de soixante ans, Milan appartenait aux éditeurs italiens. Une scène maîtrisée, codifiée, où B&B Italia, Cassina ou Poltrona Frau dictaient le tempo du design mondial. Cette époque n’a pas disparu — elle s’est diluée. Car désormais, ce sont les maisons de luxe qui occupent le terrain, transformant la Milan Design Week en une extension de leur territoire symbolique. -
G7 environnement Paris : pourquoi le climat a été écarté pour obtenir un accord avec les Etats-Unis
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, experte de la diplomatie climatique, salue des « résultats exceptionnels » après avoir essuyé des critiques sur sa méthode pragmatique -
Blame gameMidterms : Donald Trump et le Parti républicain en eaux troubles
En pleine préparation des midterms, les républicains affrontent une accumulation de mauvaises nouvelles : défaite en Virginie dans la guerre du redécoupage électoral, inflation en hausse et impopularité croissante de Donald Trump