De La Rue juge valoir plus que les 1,4 milliard d’euros offerts par Oberthur
Onze ans après avoir acquis ses cartes à puce, Oberthur Technologies vise maintenant le reste de l’activité de De La Rue, numéro un mondial de l’impression de billets de banque. Conseillé par Lazard, Oberthur a approché le britannique le 10 novembre mais son conseil d’administration a jugé le prix insuffisant. Selon lui, malgré une prime de 40% par rapport au cours de vendredi, les 905 pence par action ne reflètent pas «la valeur fondamentale et les perspectives» du groupe. La proposition le valorise 896 millions de livres (1,4 milliard d’euros), soit, avec la dette (5 millions de livres), 9 fois le résultat d’exploitation attendu pour l’exercice 2011-2012. Selon les analystes d’UBS, ce prix est dans la fourchette haute de leurs estimations. Début décembre, Bank of America Merrill Lynch fixait à 830 pence son objectif de cours.
Pour De La Rue l’offre est «opportuniste». La société, qui détient le monopole de l’impression de la livre sterling et qui édite 149 autres devises, a été victime en septembre d’un important problème de sécurité. Plusieurs de ses grands clients, comme l’Inde, ont été touchés par cet incident. Conséquences: sa production a chuté de 29% au premier semestre 2010, son profit opérationnel a plongé de 45 % et son cours de bourse est tombé à 541 pence mi-novembre, son plus bas depuis cinq ans.
«Oberthur ne pense pas que ces annonces confortent l’affirmation de De La Rue selon laquelle son offre ne reconnaît pas sa valeur et ses perspectives», ironise le Français. Celui-ci espère convaincre le conseil de changer d’avis. Vu le capital éclaté du groupe (Capital Research and Management Company est le premier actionnaire avec 18% du capital), un passage en force n’est pas exclu alors que d’autres acteurs, comme le suisse Orell Füssli, pourraient s’intéresser au dossier.
Discret depuis son retrait de la Bourse fin 2008, Oberthur est épaulé par le holding financier belge Sofina qui a acquis 8,6% du capital de la holding de tête, derrière la famille Savare. Il indique être en mesure de monter, le moment venu, un financement adéquat. Il réalise 23% de son chiffre d’affaires dans l’impression fiduciaire, les cartes d’identité et les systèmes de sécurité (210 millions d’euros en 2009). Avec De La Rue, ses revenus dans ces activités, plus prévisibles que les cartes à puce, quadrupleraient.
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