Dassault Aviation dépend plus que jamais des exportations de Rafale

La loi de programmation militaire prévoit de réduire le nombre d’avions achetés au constructeur, en espérant la signature de contrats à l'étranger
Olivier Pinaud

Dassault Aviation va devoir trouver au moins deux clients étrangers pour son Rafale. Le gouvernement a annoncé vendredi qu’il prévoit de ne prendre livraison que de 26 Rafale sur la totalité de la période 2014-2019 selon le projet de loi de programmation militaire présenté en conseil des ministres. Selon le contrat en cours, le fabricant d’avions devait encore livrer 60 Rafale d’ici à 2019, avant une nouvelle tranche encore en négociation avec l’Etat. Il en a jusqu’à présent livré 120, à un rythme annuel de 11 unités, niveau en deçà duquel il estime que la production du programme relèverait de la mission impossible.

Le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, a pris acte de la décision du gouvernement et indiqué à Reuters que le groupe «et ses partenaires s’emploient à poursuivre leurs efforts pour satisfaire les besoins et demandes français ainsi que réussir l’export».

Pour tenir la cadence, et maintenir la productivité de ses lignes d’assemblage, Dassault Aviation va donc devoir trouver des clients étrangers pour écouler la trentaine de Rafale en trop. Après un an et demi de négociations exclusives, l’aboutissement des négociations avec l’Inde est donc encore plus crucial. Le gouvernement et Dassault Aviation espèrent d’ici à la fin de l’année signer un contrat de 126 Rafale estimé à environ 15 milliards de dollars avec l’Inde. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s’est rendu sur place la semaine dernière. Le Rafale est également sur les rangs au Brésil, aux Emirats arabes unis, au Qatar et en Malaisie.

«Il a paru raisonnable - c’est un pari - de dire que l’un de ces quatre pays, a fortiori si nous réussissons avec l’Inde, sera concrétisé avant la fin de la programmation militaire, ce qui nous permet dans ce cas-là d’avoir un niveau de livraisons limité à 26 Rafale», a expliqué à Reuters un proche du ministre de la Défense.

Si ces contrats n’aboutissent pas, le ministère de la Défense n’exclut pas de réviser sa loi de programmation militaire. Il lui faudra alors trouver les moyens de financer l’achat de Rafale à Dassault Aviation, un programme qui a déjà coûté plus de 43 milliards d’euros à l’Etat depuis son lancement il y a vingt ans et dont dépend une grande partie de la filière industrielle militaire française dépend.

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