Darty se sépare de son directeur général sous la pression actionnariale
La crise économique et la fronde des actionnaires auront été fatales à Thierry Falque-Pierrotin. Le directeur général de Darty (anciennement Kesa Electricals) quittera le groupe en décembre 2012 à l’issue de la revue stratégique du groupe, initiée cet été. «A la lumière des changements de taille et de concentration des activités du groupe, le conseil d’administration et Thierry ont décidé communément [que] ce serait le bon moment pour transmettre le flambeau à une autre personne», a déclaré hier Alan Parker, président de Darty, tout en s’attelant à la recherche d’un successeur.
Cette annonce est intervenue à point nommé, juste avant l’assemblée générale du groupe, qui promettait d’être tendue. En effet, certains actionnaires - à commencer par le premier d’entre eux avec près de 26% du capital, le fonds activiste Knight Vinke - ont voulu exprimer à l’équipe dirigeante leur mécontentement face à l’absence de reprise des ventes et du cours de Bourse de Darty.
D’autant qu’ils n’ont pas vraiment accepté que le directeur général reçoive en janvier dernier 772.681 actions du groupe, sans aucune condition de performance, contrairement à ce qui avait été précisé dans le rapport annuel 2009. Même si Darty a déjà expliqué qu’il s’agissait à l’époque d’une erreur. Arrivé en janvier 2009, Thierry Falque-Pierrotin s’était vu promettre cette prime de bienvenue sous la seule réserve de rester au moins trois ans. Cette prime était destinée à compenser un manque à gagner en acceptant ce poste. L’ancien PDG de Redcats (groupe PPR) renonçait en effet à ses options valorisées au moins à 775.000 euros.
Après un exercice 2011-2012 particulièrement difficile, avec une chute de 42% du bénéfice annuel courant, une division par deux du dividende, et une chute du titre de 59% sur l’année 2011, les actionnaires n’étaient pas prêts à se taire. D’autant qu’au premier trimestre 2012-2013 clos fin juillet, la croissance du chiffre d’affaires en euros se limite à 1% et recule même de 2,5% à surface égale en France, tandis que la marge brute recule de 140 points de base.
Signe de leur mécontentement, les actionnaires ont voté à 58% contre le plan de rémunération de Thierry Falque-Pierrotin pour l’exercice écoulé. Bien que ce vote ne soit que consultatif, Alan Parker a su en tenir compte par anticipation. Un cas à méditer pour la France, alors que le gouvernement devrait proposer prochainement l’instauration d’une forme de «say on pay».
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