Danone grimpe en Bourse après une année 2021 robuste
L’action Danone réalise mercredi l’une des meilleures performances de l’indice CAC 40, portée par l’annonce d’un chiffre d’affaires supérieur aux attentes au titre du quatrième trimestre. Sur l’ensemble de l’exercice 2021, les résultats du groupe agroalimentaire ont toutefois été lestés par l’inflation des coûts, une tendance qui risque de perdurer cette année. Vers 13h00, l’action Danone gagnait 4,8% à 57,23 euros.
Au quatrième trimestre, les ventes totales de Danone ont progressé sur un an de 10,9% sur une base publiée et de 6,7% à données comparables, à 6,24 milliards d’euros.
Jefferies visait pour la période une croissance de 5,5% à données comparables et souligne que le consensus tablait sur une hausse de 5,2%. L’intermédiaire financier met notamment en avant la performance «robuste» de la nutrition spécialisée, qui a dégagé une croissance à deux chiffres en Chine au quatrième trimestre, et de l’activité eaux. Par rapport au quatrième trimestre 2020, les ventes de ces divisions ont respectivement crû de 6,4% et 17,3% à données comparables.
Sur l’ensemble de l’année 2021, le chiffre d’affaires du groupe a progressé de 2,8% à données publiées et de 3,4% à données comparables, à 24,28 milliards d’euros. A données comparables, les ventes du pôle Eaux ont progressé de 7,2% l’année dernière, à 3,96 milliards d’euros, celles de la division Nutrition Spécialisée ont crû de 1%, à 7,23 milliards d’euros, et celles des produits laitiers et d’origine végétale ont augmenté de 3,7%, à 13,09 milliards d’euros.
Un modèle de croissance déséquilibré
En 2021, le résultat opérationnel courant (ROC) du groupe a augmenté de 0,6% à données publiées et de 2,8% sur une base comparable, à 3,34 milliards d’euros, faisant ressortir une marge opérationnelle de 13,7%, en recul de 30 points de base. La marge opérationnelle a été pénalisée par l’inflation du coût des intrants, qui n’a pas pu être totalement compensée par les effets mix et prix, a indiqué Danone.
Le propriétaire des marques Evian, Danonino, Volvic ou encore Activia anticipait une marge opérationnelle courante en 2021 globalement en ligne avec celle de 2020.
Le résultat net part du groupe de Danone a atteint 1,92 milliard d’euros en 2021, contre 1,96 milliard d’euros un an plus tôt. Le résultat net par action s’est ainsi établi à 3,31 euros, contre 3,34 euros en 2020.
Selon un consensus établi par FactSet, les analystes anticipaient, en moyenne, un chiffre d’affaires de 24,02 milliards d’euros, un ROC de 3,29 milliards d’euros et un résultat net de 2,07 milliards d’euros pour l’exercice 2021.
Si Danone estime avoir réalisé une année 2021 «robuste» dans un contexte difficile, «il reste beaucoup de choses à améliorer», a indiqué le directeur général, Antoine de Saint-Affrique, lors d’une conférence avec des analystes. «Notre modèle de croissance reste déséquilibré», les marques du groupe sont «sous-financées» et «il y a des opportunités de croissance que nous ne saisissons pas», a déploré le dirigeant.
Les objectifs 2022 seront dévoilés le 8 mars
Le groupe n’a pas communiqué mercredi ses objectifs pour 2022, préférant attendre la journée investisseurs prévue le 8 mars prochain pour présenter ses prévisions pour cette année et le moyen terme.
Le directeur financier de Danone, Juergen Esser, a néanmoins souligné lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes que l’ensemble du secteur tablait sur une accélération de l’inflation et ainsi sur de nouvelles hausses de prix en 2022.
Le groupe vise en outre une nouvelle amélioration de sa productivité en 2022, mais à un rythme moins soutenu que l’année dernière, quand les gains de productivité ont atteint 5%, a également indiqué le dirigeant.
Interrogé sur les tensions géopolitiques autour de l’Ukraine, Juergen Esser a estimé que Danone était «relativement bien préparé» à toute éventualité concernant la Russie. L’activité en Russie, qui représente 5% des ventes totales de Danone, est «majoritairement locale» avec une chaîne d’approvisionnement intégrée, ce qui lui permet d’opérer de façon relativement automone, a expliqué le directeur financier.
En outre, le conseil d’administration proposera à la prochaine assemblée générale du groupe le versement d’un dividende de 1,94 euro par action au titre de l’exercice 2021, comme pour l’exercice 2020. Ce dividende sera versé en numéraire, a précisé Danone.
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Strasbourg - L’Union européenne s’apprête à débloquer des fonds mardi pour aider les agriculteurs face à la flambée du prix des engrais, une tendance qui s’est encore accentuée depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient. Pour mettre la pression, des organisations agricoles ont prévu dès le matin un rassemblement devant le Parlement européen à Strasbourg, où la Commission doit dévoiler son plan d’action. «Les agriculteurs abordent la prochaine saison d’achat (d’engrais) dans un climat d’extrême incertitude, sur le coût, mais aussi sur la disponibilité effective des engrais», met en garde le Copa-Cogeca, qui rassemble les principaux syndicats agricoles européens. Avant le conflit au Moyen-Orient, 30% des engrais mondiaux transitaient par le détroit d’Ormuz. Depuis fin février, le prix des fertilisants a bondi en Europe. Ceux à base d’azote coûtent autour de 500 euros la tonne désormais, contre quelque 380 euros l’hiver dernier. A cela, s’ajoute l’envolée du coût du gazole pour les tracteurs, qui a poussé nombre d’Etats à sortir le carnet de chèques pour limiter la facture. La Commission européenne, qui avait promis bien avant cette guerre des mesures en faveur des agriculteurs, se retrouve sous forte pression. La guerre «a créé une prise de conscience de la nature stratégique du secteur des engrais». Le plan d’action européen est monté de «quelques crans en termes d’importance politique», souligne Tiffanie Stephani, chez Yara, l’un des plus gros producteurs d’engrais en Europe. A court terme, Bruxelles va puiser dans la «réserve agricole», des fonds européens destinés aux situations de crise pour soulager le secteur. Il reste environ 200 millions d’euros dans cette enveloppe pour l’année 2026. La situation est particulièrement difficile pour les céréaliers. Gros consommateurs d’engrais, ils sont dans le rouge depuis trois ans à cause de l’effet combiné d’une récolte de blé catastrophique en 2024 et d’une année 2025 déjà marquée par des engrais très chers ainsi qu’un blé sous les 200 euros la tonne en France, confrontée à une concurrence internationale accrue. Taxe carbone pas remise en cause Au-delà de l’urgence, l’Union européenne, qui importe 60% des engrais qu’elle consomme, promet d’agir à plus long terme avec deux mots d’ordre: la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production européenne. Bruxelles pourrait aussi assouplir ses règles sur les nitrates pour autoriser les paysans à utiliser davantage de digestat, des résidus issus de la méthanisation des déchets organiques utilisés comme alternatives aux engrais chimiques. Cet assouplissement inquiète les organisations environnementales, qui craignent des pollutions de l’eau. En dépit des appels de plusieurs pays, dont la France, et des agriculteurs, l’exécutif européen n’a en revanche pas l’intention de suspendre sa taxe carbone aux frontières (CBAM) sur les engrais, en place depuis le 1er janvier pour décarboner le secteur et soutenir les producteurs européens. Sur ce volet, la Commission a «déjà pris des mesures pour aider les agriculteurs», insiste une porte-parole, avec une suppression temporaire de droits de douane sur les fertilisants, hors Russie et Bélarus, et une adaptation de la taxe carbone afin «d’atténuer fortement son impact». Remettre en cause cette taxe ouvrirait une brèche dans un mécanisme qui concerne d’autres secteurs polluants, comme l’acier, l’aluminium, le ciment, l'électricité et l’hydrogène. Et cela désavantagerait les fabricants européens, qui tentent d’augmenter leur production. Le mécanisme européen «est vraiment indispensable pour garantir une concurrence équitable pour notre secteur», revendique ainsi Tiffanie Stephani. L’Union européenne ne reviendra pas non plus sur l’augmentation progressive des taxes sur les engrais russes et bélarusses, dont Bruxelles voudrait définitivement se passer afin de priver Moscou de ressources qui financent la guerre en Ukraine. Face à la dépendance persistante de l’Europe aux importations, l’un des grands enjeux est le développement d’engrais alternatifs, bas carbone. Jusqu’ici, cette ambition a buté sur des coûts de production souvent très élevés, notamment en raison du prix de l'énergie. Plusieurs projets ont été abandonnés, dont une initiative en Autriche, baptisée «Green Ammonia Linz». Adrien DE CALAN © Agence France-Presse