Daimler s’attend désormais à une baisse de son bénéfice d’exploitation en 2013

Le groupe automobile allemand pâtit de la faiblesse de la demande en Europe et de la réorganisation de ses canaux de distribution en Chine
Yves-Marc Le Reour

Plus grand fabricant mondial de camions, Daimler aura fort à faire pour regagner son statut de leader mondial des voitures de luxe. Le constructeur automobile, qui s’est fait ravir sur ce segment la première place par BMW dès 2005, a également été dépassé depuis 2011 par Audi, marque du groupe Volkswagen.

Le début d’année n’augure pas d’une amélioration de la situation, puisque le bénéfice d’exploitation trimestriel de Daimler a chuté de 56,9% à 917 millions d’euros, contre 1,06 milliard attendu en moyenne par le consensus des analystes interrogés par Bloomberg. La marge d’exploitation de la division automobile est passée en un an de 8,2% à 3,3%, tandis que celle de la division poids lourds, inférieure à 1,7% à fin mars, a été divisée par trois sur la période.

Le chiffre d’affaires affiche un repli de 3,4% à 26,1 milliards, pénalisé par la faiblesse persistante des immatriculations en Europe occidentale et par la réorganisation de ses canaux de distribution en Chine, où les ventes de la marque Mercedes ont baissé de 11%. Alors que le groupe disposait jusqu’à l’an dernier de deux circuits commerciaux séparés pour les véhicules importés et les modèles produits localement, il a regroupé fin 2012 ces activités au sein d’une seule entité.

«Daimler est actuellement en plein milieu de la plus importante offensive de croissance de son histoire», déclare le directeur général Dieter Zetsche. Le dirigeant justifie ainsi le montant de 1,6 milliard d’euros consacré aux investissements industriels au premier trimestre, qui a conduit à un cash flow libre négatif de 1,2 milliard.

Alors qu’il anticipait voici 2 mois un bénéfice d’exploitation récurrent stable à 8,1 milliards en 2013, le constructeur allemand prévoit désormais une baisse de ce résultat, malgré une hausse progressive des marges attendue dans la seconde moitié de l’année.

Cette amélioration proviendrait notamment d’une pénétration accrue de son coupé 4 portes Mercedes récemment commercialisé et de la nouvelle version de ses berlines de haut de gamme (classe E).

Contrairement au bénéfice de la division automobile, celui de la division poids lourds devrait ressortir stable sur l’exercice, ce qui «témoigne d’un optimisme potentiellement excessif», juge néanmoins Christian Ludwig, analyste chez Bankhaus Lampe, en déplorant le caractère vague des objectifs annoncés.

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