CVC reste seul en piste pour entrer au capital des titres restaurants de Sodexo
Il n’en reste plus qu’un. Le fonds CVC Capital Partners est en discussions avec le groupe de restauration collective Sodexo pour entrer au capital de sa division Services Avantages et Récompenses («BRS» pour Benefit and Rewards services), ont indiqué des sources proches des discussions à L’Agefi, confirmant des informations des Echos. Le fonds vise une part minoritaire, de 20% à 30%, dans cette division qui regroupe les activités de titres restaurants et de services prépayés du groupe.
Au premier semestre, clos fin février, de l’exercice décalé de Sodexo, BRS a dégagé 398 millions d’euros de chiffre d’affaires, en hausse de 9,3% sur un an. Une goutte d’eau dans les 10,2 milliards de revenus du groupe. L’activité est en revanche bien mieux margée que la restauration collective : 26,7%.
Conseillé par les banques Lazard et Goldman Sachs sur l’opération, Sodexo avait imaginé organiser au départ un processus d’enchères. L’entreprise avait annoncé à l’automne dernier une « revue stratégique » pour BRS, nom de code pour une éventuelle ouverture du capital, en précisant qu’il comptait garder le contrôle de son activité. Il avait exclu au passage la piste d’une introduction en Bourse.
Potentiel de croissance
Si d’autres fonds ont bien regardé le dossier, comme Bain Capital ou Silver Lake, le scénario d’une enchère s’est refermé. Place, donc, aux discussions bilatérales avec CVC. Le vendeur est gourmand : il attendrait une valorisation allant jusqu'à 4 milliards d’euros pour la totalité de sa division, en ligne avec les multiples du grand concurrent Edenred. « C’est près de 20 fois le résultat d’exploitation, pour une activité qui souffre encore de la comparaison avec Edenred » souligne un bon connaisseur du dossier. Mais c’est aussi ce potentiel de croissance et de transformation qui intéresserait le fonds d’investissement, indiquent les sources,
Outre le prix, la gouvernance de la structure concentre logiquement les discussions entre la société et le fonds de private equity. « Rien n’est encore fait », insiste une source.
Contacté par l’agence Agefi-Dow Jones, un porte-parole de Sodexo n’a pas fait de commentaire. A la Bourse de Paris, l’action Sodexo a fini en hausse de 0,5% après avoir pris plus de 4,6% en séance sur la nouvelle. Elle reste encore en recul de 14% sur un an, alors que l’action Edenred progresse de 3,4%.
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Paris - Alors qu’il fourbit ses armes en vue de la présidentielle, Edouard Philippe fait désormais l’objet d’une enquête menée par un juge d’instruction pour des soupçons de détournement de fonds publics, favoritisme, prise illégale d’intérêt et concussion au Havre, ville dont il est maire. Une lanceuse d’alerte avait dénoncé ces faits présumés en septembre 2023 auprès du Parquet national financier (PNF) qui a ouvert une enquête et mené des perquisitions en avril 2024. Puis elle avait déposé une plainte en juin 2025 avec constitution de partie civile. Sollicité par l’AFP, le PNF a indiqué avoir pris un réquisitoire introductif le 7 mai, procédure qui permet de saisir un juge d’instruction et de lui désigner un périmètre d’enquête. La lanceuse d’alerte, «Judith» (prénom modifié), «se félicite de l’ouverture d’une information judiciaire sur les faits qu’elle dénonce et attend avec impatience d'être entendue par le juge d’instruction», a réagi auprès de l’AFP son avocat Jérôme Karsenti. Les faits sont contestés depuis le début par l’ex-Premier ministre et actuel maire Horizons du Havre, dans les starting blocks pour la présidentielle. Edouard Philippe «prend acte de l’ouverture d’une information judiciaire. Il l’apprend par la presse. Et il répondra bien évidemment à toutes les questions que posera la justice comme il l’a toujours fait de façon très sereine», a réagi auprès de l’AFP son entourage dans la Communauté urbaine Le Havre Seine Métropole. Contacté par l’AFP, son avocat Emmanuel Marsigny n’a pas souhaité faire de commentaire. Contrat pas renouvelé Etaient également visées par la plainte Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l’innovation et du numérique, ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine havraise. La plainte consultée par l’AFP estimait que le juge d’instruction devait «apprécier si un pacte a été conclu entre M. Edouard Philippe et Mme de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique», un tiers-lieu d’innovation. Après ses alertes, la haute fonctionnaire s'était plainte d’avoir été écartée et harcelée moralement. Son contrat n’a pas été renouvelé. Les soupçons portent sur une convention d’objectifs pluriannuelle pour l’animation de la Cité numérique du Havre, signée en juillet 2020 notamment par Edouard Philippe, président de la communauté urbaine, et Stéphanie de Bazelaire, en tant cette fois que présidente bénévole de l’association LH French Tech. LH French Tech, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG). L’association, seule candidate, devait toucher 2,154 millions d’euros de compensation de service public pour mener des projets. Le conflit d’intérêts «semble absolument évident», a considéré à l'époque la lanceuse d’alerte, directrice générale adjointe à la communauté urbaine de septembre 2020 à avril 2023. «Opacité» «C’est le maire et son adjointe» qui, en tant que présidente de l’association, allaient «avoir la main sur des sommes considérables» pour «des activités qui peuvent concerner ses fonctions à la ville», soulignait-elle. Sur le moment, elle s'était étonnée qu’Edouard Philippe, conseiller d’Etat, n’ait pas suspecté d’irrégularités. Elle assure avoir découvert plus tard que les services juridiques avaient alerté en vain sur un possible favoritisme. Cette haute fonctionnaire avait obtenu le statut de lanceuse d’alerte en janvier 2025, contesté par Edouard Philippe. A la communauté urbaine, la Cité numérique fut «tout de suite» désignée à la lanceuse d’alerte «comme un dossier principal», relatait-elle. Mais «dès les premiers mois», elle a constaté «une opacité dans la gestion de l’association» et ne comprenait pas son activité. Elle racontait qu’on lui avait fourni «des réponses très vagues sur les dépenses, la trajectoire financière», lui reprochant «des velléités d’ingérence». Fin 2021, obtenant finalement des chiffres, elle affirmait découvrir le «très faible niveau d’activité» de la Cité numérique mais surtout «la masse salariale» composée «de jeunes salariés» qui faisaient «un peu tout» pour «des salaires bruts au-delà de 60 voire 70.000" euros. L’association sera placée en liquidation judiciaire en 2023. Philippe GRELARD et Céline CORNU © Agence France-Presse