«Criteo présente l’avantage d’avoir une faible consommation de trésorerie»
- L’AGEFI : Quelles sont les bases du modèle de Criteo ?
- BENOIT FOUILLAND : Lors de la création de la société en 2005, l’idée était de mettre au point une technologie fondée sur l’apprentissage automatique («machine learning») pour la vendre à des sites marchands. Dès fin 2007, la décision a été prise de cibler le marché de la publicité numérique. Criteo est rémunéré exclusivement à la performance sur la base des clics générés sur les bannières, nos algorithmes mesurant avec précision la performance des campagnes de nos clients annonceurs. D’un million d’euros en 2008, le chiffre d’affaires est passé à 512 millions d’euros sur les 9 mois premiers mois de l’exercice 2014, stimulé par une expansion rapide à l’international, avec actuellement 23 bureaux dans 16 pays. Une implantation locale facilite les relations avec les annonceurs mais également les éditeurs. Sur 1.300 salariés fin 2014 (+60% sur un an), environ 40% sont en France, 15% au Royaume-Uni et 15% aux Etats-Unis.
-Le financement de la croissance a-t-il constitué un obstacle ?
-Criteo présente l’avantage de nécessiter une faible consommation de trésorerie et d’avoir reçu le soutien de plusieurs acteurs du capital-risque (Elaia, Idinvest, Index Ventures, Bessemer Partners, Softbank, Yahoo Japan, SAP Ventures…). Jusqu’à son IPO en octobre 2013, elle a levé au total 47 millions d’euros via quatre tours de table. La mise en Bourse, complétée par un placement secondaire en mars dernier, a permis de lever 250 millions d’euros supplémentaires. Les investissements annuels s’élèvent à environ 10% du chiffre d’affaires, la moitié en dépenses de R&D et l’autre moitié en équipement. Une trésorerie disponible de 257 millions à fin septembre et un cash-flow libre positif permettront de poursuivre des acquisitions ciblées destinées à élargir l’expertise technologique existante.
-Pourquoi avoir choisi une cotation sur le Nasdaq ?
-Outre le fait que les Etats-Unis représentent plus de 25% du chiffre d’affaires, nous avons considéré que la profondeur de l’écosystème financier américain minimisait les risques d’exécution de l’opération. Mais cela n’a pas empêché les investisseurs européens de s’intéresser à l’entreprise, puisque ceux-ci détiennent près de 40% du capital flottant, contre environ 15% lors de l’IPO. Avec la sortie progressive de certains actionnaires historiques, ce flottant représente désormais plus de 50% d’une capitalisation boursière équivalente à 2 milliards d’euros.
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