Criteo capitalise 2,5 milliards de dollars pour son entrée au Nasdaq
L’introduction en Bourse de Criteo sur le Nasdaq rappelle les plus belles heures du marché spécialisé dans les valeurs technologiques. Présentée comme la «pépite» technologique française de ces dix dernières années, la société a flambé hier pour son premier jour de cotation. Alors que le prix d’introduction a été fixé à 31 dollars par action, soit 8 dollars de plus que la borne basse de la fourchette initialement envisagée lors du lancement du processus il y a un mois, le cours a ouvert à 42 dollars. Il est rapidement monté jusqu’à 45 dollars, soit un bond de 45,16%. A ce prix, Criteo capitalise près de 2,5 milliards de dollars.
Cette capitalisation boursière représente plus de 7 fois les ventes du groupe pour 2012, et encore près de 5 fois celles estimées pour 2013, en supposant que Criteo maintienne son rythme de croissance actuel de plus de 100%. Un niveau relativement proche de celui de Google, contre lequel la société est en concurrence sur son segment des technologies d’affichage et d’efficacité de la publicité sur internet.
Fondée en France par trois ingénieurs français, et avec son siège social toujours situé à Paris, Criteo n’aurait pas nécessairement trouvé une telle capitalisation boursière sur Euronext Paris, où les fonds et analystes financiers spécialisés dans ce type de valeurs sont extrêmement peu nombreux, à la différence des Etats-Unis. «Le Nasdaq est le marché qui s’imposait pour une société à forte croissance comme Criteo», se persuade Christophe Bavière, le directeur général d’Idinvest, l’un des actionnaires forcément heureux de la flambée de Criteo sur le Nasdaq. Le fonds de capital risque français a été le premier à investir au capital de la société, en 2006, un an après sa création. Il a misé à l’époque 6 millions d’euros. Aujourd’hui, sa participation de 22,4% vaut 560 millions de dollars.
Les actionnaires historiques (Index Venture, Elaia Partners, Bessemer Venture et Idinvest) n’ont cédé qu’une infime partie de leurs titres à l’occasion de l’IPO, l’essentiel du placement de 248 millions de dollars venant d’une augmentation de capital. «Conformément à notre stratégie d’investissement, et au cycle de vie de nos fonds, Idinvest reste au capital et ne vendra que lorsque les conditions de marché seront adaptées », indique Christophe Bavière.
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