Cristal Union se dit bien armé pour faire face à deux exercices difficiles
L’enclenchement d’un cycle baissier sur le marché du sucre en Europe a fait sentir ses effets négatifs sur le groupe coopératif Cristal Union, qui présentait hier ses comptes 2013-2014 clos le 30 septembre dernier. Malgré une nette hausse des volumes commercialisés, le retournement annoncé des prix dans l’Union européenne et une quatrième récolte mondiale excédentaire se sont traduits par un recul de 7,3% du chiffre d’affaires de l’ensemble des entités du groupe à 1,8 milliard d’euros.
Le prix moyen du sucre vendu sous quota sur le marché européen a plongé de 23% sur un an pour s’établir à 508 euros par tonne fin septembre. Les activités non sucrières (production d’alcool et d’éthanol, ventes de graines de betteraves et de résidus viniques), qui représentent au total 34% du chiffre d’affaires, affichent de leur côté un chiffre d’affaires relativement stable. Après versement des compléments de prix aux coopérateurs (distribution de préclôture), le résultat net part du groupe a chuté de 45,3% à 118,3 millions d’euros, soit 15% des capitaux engagés.
Les deux prochaines campagnes sucrières devraient encore porter les stigmates des excédents de stocks combinés à une chute persistante des cours sur les marchés européens et mondiaux. A l’échelle mondiale, Cristal Union prévoit sur l’exercice 2014-2015 «un début de diminution des stocks finaux» qui seraient ramenés à 1,9 million de tonnes, soit 43,4% de la consommation, contre 5,6 millions de tonnes en 2013-2014, équivalent à 44,1% de la consommation. Sur le Vieux Continent, il anticipe un prix moyen du sucre sous quota «inférieur à 450 euros par tonne» pour l’exercice clos le 30 septembre 2015, soit un repli supplémentaire de 12%.
En tenant compte de l’impact défavorable de la baisse des cours du pétrole sur les marchés de l’éthanol et de l’alcool, le groupe table sur un nouveau repli de ses résultats pour l’exercice en cours. Se déclarant «prêt et résolument serein» pour affronter la libéralisation du marché sucrier européen à partir du 1er octobre 2017, Cristal Union réitère sa volonté d’indépendance suite aux approches de son concurrent Tereos.
Le groupe met en avant des performances industrielles et une structure financière toujours solides, avec une dette nette en recul de 19% d’un an sur l’autre à 345 millions d’euros. Cette dette représente 30% des fonds propres et seulement 1,5 fois son excédent brut d’exploitation après distribution de préclôture.
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