Crédit Agricole Assurances se place sur le financement des ETI
Crise de la dette souveraine, réglementation, recherche de rendement… Depuis plusieurs mois, les assureurs sont contraints de se tourner un peu plus vers les obligations d’entreprises, cotées ou non. Sans compter que la récente affaire SNS Reaal aux Pays-Bas a démontré que la dette bancaire comporte de réels risques pour un investisseur. Un contexte à l’origine de l’émergence en 2012 du marché dit des «Euro PP», ces émissions obligataires d’entreprises non notées réservées à quelques investisseurs, et qui devrait continuer à jouer cette année.
De nombreux crédits syndiqués arrivent en effet à échéance dans les prochains mois. Or face à des banques de plus en plus frileuses en matière de crédit, les entreprises seront contraintes de se tourner vers ce nouveau financement. L’idée du placement privé Bonduelle de l’automne 2012, considéré comme le premier du genre, est née ainsi: compte tenu de la difficulté du groupe d’agro-alimentaire à mobiliser un crédit syndiqué dans de bonnes conditions, le Crédit Agricole Nord de France s’est tourné vers Crédit Agricole Assurances pour monter l’émission obligataire avec l’appui de CA CIB. Depuis, le montage a fait des émules.
«En 2012, Crédit Agricole Assurances a investi environ 1,7 milliard d’euros en placements privés obligataires, soit environ la moitié du marché. Notre déploiement dépendra du rythme de croissance des émissions car il n’est pas dans notre objectif de forcer le développement de ce marché», explique Jérôme Grivet, le directeur général de Crédit Agricole Assurances. En plus de Bonduelle, l’assureur a ainsi participé aux financements obligataires privés de Plastic Omnium, de Bolloré, de Lactalis ou encore des Fromageries Bel. «Nous n’avons pas participé qu’à des opérations dirigées par CA CIB et il est d’ailleurs sain de ne pas être exclusif. Toutefois, le fait d’appartenir au même groupe facilite notre accès à ce type d’opération», reconnaît Jérôme Grivet.
«Dans le cadre de Solvabilité 2, ces investissements sont un peu plus consommateurs en capital pour un assureur. Ils apportent toutefois un supplément de rémunération avec des spreads compris entre 150 et 300 pb par rapport aux mid swaps», explique le dirigeant. De quoi compenser une partie du risque inhérent à ce type de crédit non noté, même si les grands investisseurs disposent en interne d’analystes crédit.
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