Coty fait un pas de géant dans les produits de beauté
Peu connu du grand public, Coty va pourtant se hisser parmi les premiers acteurs mondiaux des produits de beauté. Le groupe, fondé à Paris en 1904 mais qui siège de longue date à New York, a acquis les activités parfums et cosmétiques de Procter & Gamble (P&G Beauty Business), pour une valeur mi-juin (lorsque l’acquéreur a remporté l’appel d’offres) de 12,5 milliards de dollars (11,3 milliards d’euros), dont une dette de 2,9 milliards. Il s’agit de la transaction la plus importante depuis dix ans dans le secteur, qui permet à Coty, conseillé par Morgan Stanley, de doubler de taille. L’accord a été officialisé hier par les deux groupes.
Alors que Coty possède déjà, entre autres, les parfums Calvin Klein, Davidoff, Marc Jacobs, Adidas ou les cosmétiques Rimmel, il met la main sur 43 marques supplémentaires, notamment les fragrances Gucci, Hugo Boss et Dolce & Gabbana, ainsi que les produits capillaires Wella.
La transaction contient également un élément fiscal important. Elle fera appel à une structure de type «Reverse Morris Trust», exonérée d’impôts. P&G Beauty Business sera d’abord séparé de Procter. Le pôle sera ensuite fusionné avec une filiale ad hoc de Coty.
Mais Procter, conseillé par Goldman Sachs, doit encore choisir la forme juridique de la séparation: un «spin-off», ou un «split-off». Ce dernier a pour l’instant la faveur du vendeur. Si cette préférence était confirmée, les actionnaires du groupe pourraient participer à une offre d’échange pour échanger leurs titres contre des actions de la nouvelle entité formée par la filiale de Coty et P&G Beauty Business. Ces mêmes actionnaires se verraient ensuite proposer un échange des nouveaux titres contre des actions Coty. Au terme de l’opération, les actionnaires venus de Procter détiendraient 52% de Coty.
Le nouvel ensemble génèrera plus de 10 milliards de dollars de revenus. P&G Beauty Business a affiché un chiffre d’affaires de 5,9 milliards lors de son exercice fiscal 2013/2014 (clos le 30 juin), pour un Ebitda de 1,2 milliard de dollars. Coty compte réaliser 550 millions de dollars d’économies annualisées dans les trois prochaines années, dont 150 millions en synergies de coûts. Les coûts de transaction représentent au total 500 millions de dollars, à quoi s’ajoutent 400 millions d’investissements étalés sur trois ans.
A la clôture de la transaction, Coty refinancera sa dette pour viser un ratio de dette nette de 3 fois son Ebitda.
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