Continental trace sa route vers la notation en catégorie investisseurs

L’équipementier automobile allemand a selon Bloomberg entamé les discussions pour le refinancement de 5,3 milliards d’euros de dette
Benoît Menou

Continental a indiqué il y a deux mois souhaiter retrouver la catégorie investisseurs des agences de notation d’ici l’an prochain. L’équipementier automobile poursuit semble-t-il activement ce chantier. Bloomberg croit ainsi savoir de sources proches que le groupe allemand a entamé des pourparlers avec ses banques en vue de refinancer 5,3 milliards d’euros de dette venant à échéance en août 2012.

Ces négociations n’en seraient qu’à un stade préliminaire, Continental n’étant pas encore décidé du chemin à suivre entre extension des maturités et réduction du coût de la dette. Citigroup, Goldman Sachs, Barclays Capital, BNP Paribas, Crédit Agricole CIB, Commerzbank et Deutsche Bank notamment seraient de la partie.

Moody’s et Standard & Poor’s allouent les notes «B1 » et «B», avec des perspectives stables, à la dette du groupe allemand. Ce dernier se trouve ainsi à respectivement cinq et quatre crans de la catégorie investisseurs sur l’échelle de notation des agences.

Le moment semble être opportun pour Continental, qui pourrait sans peine tirer profit d’un accord avec ses créanciers après avoir contracté cette dette en 2007 à l’occasion de l’acquisition pour 11,4 milliards d’euros auprès de Siemens du spécialiste de l’électronique automobile VDO. Le groupe verse aujourd’hui pour les prêts en jeu des taux d’intérêt supérieurs de 475 à 500 points de base au taux de référence. Les conditions de marché sont meilleures, Bloomberg soulignant en effet que les banques ont accru l’an passé de 11% le montant des prêts accordés aux émetteurs notés en catégorie spéculative. D’autant que le profil opérationnel de Continental est en amélioration, avec notamment des ventes en hausse de 27% l’an passé à 25,5 milliards d’euros.

Le groupe allemand a déjà progressé dans la réduction de sa dette, après l’émission de 1,1 milliard d’euros de nouvelles actions et de 3 milliards d’obligations à haut rendement l’an passé. Mais son actionnaire majoritaire, Schaeffler, avec qui il entend fusionner à terme, subit lui-même le fardeau d’une dette de 10 milliards d’euros. Pour l’heure, l’objectif officiellement affiché ce mois-ci par le directeur général de Continental, Elmar Degenhart, est de maintenir le cap de la réduction de la dette nette totale du groupe au même rythme que l’an passé, soit une baisse de 1,3 milliard d’euros, à 7,6 milliards au 31 décembre dernier.

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