Compass n’est pas le meilleur candidat à une OPA sur Edenred

Réapparue récemment, la rumeur ne convainc pas les analystes même s’ils s’attendent à une sortie à terme de Colony et d’Eurazeo du capital
Olivier Pinaud
Photo: REA
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Un capital non contrôlé. Deux fonds d’investissement, Colony Capital et Eurazeo, comme premiers actionnaires (29,15 %). Une position de numéro un mondial dans les tickets de services. Et la meilleure marge d’exploitation du secteur à 34%. Depuis sa scission d’Accor en juillet dernier, et la sortie concomitante du Fonds stratégique d’investissement, Edenred fait figure de cible idéale.

Le caractère spéculatif de l’ancienne division services d’Accor a ressurgi ces derniers jours. Déjà entendue, la rumeur d’une OPA du britannique Compass, le grand rival de Sodexo dans la restauration collective, a de nouveau résonné sur le marché, alimentant la hausse du cours (+ 7,42% en une semaine). Le titre avait été mis en Bourse en juillet à 11,4 euros.

L’idée ne fait pourtant pas l’unanimité auprès des analystes. Compass, qui pèse trois fois plus lourd que les 3,8 milliards d’euros de capitalisation boursière d’Edenred, a tout à fait les moyens de réaliser l’opération. Mais celle-ci ne correspond pas à sa stratégie, encore réaffirmée lors de la présentation des résultats annuels le 24 novembre 2010. La direction de Compass a indiqué vouloir faire des acquisitions de taille moyenne. Ensuite, le groupe britannique a prévu d’augmenter de 33% son dividende. Enfin, un analyste rappelle que Compass doit refinancer 600 millions de livres en 2012.

S’ils se montrent eux aussi peu convaincus par une OPA de Compass, les analystes de Kepler indiquent néanmoins que «l’actionnariat sera amené à évoluer dans les deux ou trois prochaines années», Colony Capital et Eurazeo n’ayant pas vocation à conserver leurs positions. D’autant qu’avec un multiple valeur d’entreprise (3,4 milliards d’euros) sur résultat d’exploitation (312 millions d’euros) de près de 11 fois pour 2010 selon la Société Générale, Edenred est aujourd’hui correctement valorisé, indique le consensus d’analystes. La présence du groupe dans les pays émergents (45% du chiffre d’affaires total dont 38% rien qu’en Amérique latine) offre encore des perspectives de croissance de l’activité mais Edenred est plus vue comme une société de génération de flux de trésorerie. Le cash-flow pourrait atteindre 240 millions d’euros cette année. Et le groupe devrait augmenter son dividende tous les ans. Le noms de MasterCard ou de fonds d’investissements circulent régulièrement comme acheteurs potentiels.

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