Codere se protège de ses créanciers
La partie se complique pour Codere. L’entreprise espagnole de machines à sous et de salles de jeux a annoncé jeudi avoir activé la procédure espagnole encadrant les faillites tout en négociant le refinancement de sa dette. Coté sur le marché boursier espagnol depuis 2007, Codere est également implanté en Amérique du Sud.
Le groupe a subi en 2012 et 2013 une série de revers, dont le renouvellement anticipé de licences dans la région de Buenos Aires, la fermeture de huit salles de jeux au Mexique ou encore la hausse de la fiscalité sur les jeux dans plusieurs pays où il opère. Résultat des courses : la société a accusé une perte de 93 millions d’euros sur les neuf premiers mois de 2013, son bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements (Ebitda) est ressorti sur la même période à 172,3 millions d’euros (-27%) et sa dette s'établissait à 1,27 milliard d’euros à fin septembre.
Au cours des derniers mois, la société a rempli avec retard ses obligations vis-à-vis de ses créanciers. En septembre, le paiement tardif d’un coupon sur 300 millions de dollars d’obligations d'échéance 2019 a constitué un motif de déclenchement des contrats dérivés qui assurent la dette de la société (CDS). Lors des enchères, le taux de récupération pour les vendeurs de protection est ressorti à 45,5%. Depuis, la situation n’a pas évolué favorablement et le groupe s’attend, faute d’accord immédiat avec ses prêteurs, à ne pas pouvoir rembourser une facilité de crédit senior de 127,1 millions d’euros qui arrive à échéance le 5 janvier. Codere dispose désormais de quatre mois pour parvenir à s’entendre avec ses créanciers.
Ces derniers comprennent Blackstone, via sa filiale GSO Capital Partners, et le fonds alternatif Canyon Capital. En septembre, ils avaient accordé à Codere une hausse de ses facilités de crédit à hauteur de 35 millions d’euros. Selon des sources proches des discussions citées par Reuters, l’investissement des porteurs obligataires pourrait être réduit de moitié dans le cadre d’une opération d'échange de dette en participation au capital (debt-for-equity-swap).
La famille fondatrice Martinez Sampedro bataille pour tenter de garder le plus de poids possible. Elle détient 51,34% du capital via sa holding Masampe, tandis que plusieurs de ses membres détiennent à titre individuel environ 18% du capital cumulativement.
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