CMA CGM se dirige vers une introduction en Bourse dans le courant de 2015
CMA CGM avance en rythme de croisière vers la Bourse. «Le dossier est toujours à l’étude», reconnaît Michel Sirat, le directeur financier du numéro trois mondial du transport maritime de conteneurs, tout en précisant que l’opération n’est pas pour «demain matin». «La structure financière du groupe n’a rien à voir avec celle du passé et n’a pas besoin d’être renforcée, la marge opérationnelle et les liquidités permettant de financer le développement», explique Michel Sirat.
L’an dernier, CMA CGM a reçu 150 millions de dollars de Bpifrance en échange d’obligations remboursables en actions (ORA) donnant à l’ex-FSI une part potentielle de 6% au capital. Le groupe turc Yildirim a également ajouté 100 millions de dollars à sa ligne d’ORA, en plus des 500 millions engagés en 2011, portant à 24% son pouvoir potentiel au capital. Ces ORA portent un taux d’intérêt de 12%. Au bout du compte, la dette nette de CMA CGM représente 0,8 fois les fonds propres, en dessous de la limite fixée à 1 fois au 31 décembre 2013 lors de l’accord de restructuration conclu avec les banques en 2012. Enfin, CMA CGM a placé 300 millions d’euros d’obligations début 2014, avec un coupon de 8,75%. Le groupe avait procédé à une première émission high yield en 2011.
Plusieurs éléments poussent néanmoins CMA CGM vers une mise en Bourse dans le courant de 2015. «C’est un sujet d’actionnaires», indique Michel Sirat. D’une part, CMA CGM peut racheter les ORA de Yildirim jusqu’au 31 décembre 2015. Or, l’accord de 2012 avec les banques prévoit que ce rachat ne peut être financé qu’avec le produit d’une introduction en Bourse, à Paris ou sur un marché asiatique, avec un capital flottant d’au moins 20%. D’autre part, Merit, la holding de la famille Saadé, premier actionnaire de CMA CGM avec 98% du capital, s’est engagé auprès de Bpifrance à faire tout son possible pour permettre une mise en Bourse avant juin 2015.
D’ici là, le marché du transport maritime pourrait avoir trouvé un visage plus «présentable» pour la Bourse. La croissance des volumes (+4% en 2013) est rongée par la pression sur les prix (-13%). Pour contrer cet effet, en plus des économies, CMA CGM a noué une alliance avec les deux premiers mondiaux, Maersk Line et MSC, pour créer un centre opérationnel commun en Grande-Bretagne. La Chine et l’Europe doivent encore donner leur feu vert à ce projet dit P3. Il pourrait voir le jour au second semestre 2014.
Plus d'articles du même thème
-
Les notaires élisent leur nouveau président
Pierre Jean Meyssan, notaire à Bordeaux, succède à Bertrand Savouré qui a effectué deux mandats consécutifs à partir de 2024. -
Les dettes bancaires subordonnées voient leurs émissions ralentir
Leurs performances moyennes calent également, mais restent meilleures que celles des autres segments du crédit, au moins pour les dettes subordonnées Additional Tier 1 (AT1). -
L’OPA de Paprec sur Pizzorno est ouverte jusqu’au 10 novembre 2026
L’Autorité des marchés financiers vient de déclarer conforme le projet d’offre publique d’achat simplifiée déposé début juillet. GMB Invest, minoritaire de Pizzorno avec 20,15% du capital, n’a pas obtenu gain de cause auprès de l’expert indépendant et de l’AMF.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIFBenoît Bazin : « Pourquoi ne pas laisser le privé gérer le bâti scolaire, comme en Allemagne ? »
Le PDG de Saint-Gobain alerte depuis des années sur les besoins de rénovation des bâtiments publics, dont 70 % concernent la santé et l'éducation. Le logement, dit-il, doit être une priorité du prochain président. -
Dura lex, capexAnthropic se met à nu pour séduire Wall Street
L'éditeur de Claude espère lever cent milliards de dollars pour financer ses investissements technologiques titanesques -
RepeuplementItalie : le grand écart migratoire de Giorgia Meloni
Le gouvernement italien a multiplié les quotas de travailleurs étrangers pour répondre aux pénuries de main-d’œuvre et freiner la baisse démographique. La bureaucratie empêche encore une grande partie des entrées programmées de se concrétiser