CMA CGM peine à convaincre les investissseurs d’un horizon dégagé

La dette de l’armateur marseillais est malmenée. Le groupe mise sur le développement des liaisons avec les marchés émergents
Benoît Menou

CMA CGM subit la prudence des investisseurs, tant du fait de son propre bilan que de sa présence au sein d’un secteur chahuté, baromètre du climat économique international. Selon les données de Bloomberg Bond Trader, la valeur des titres de l'émission obligataire de 475 millions de dollars d’avril dernier, portant un coupon de 8,5% et dont l'échéance est fixée en 2017, a plongé à 47,25 cents pour un dollar. Dans la foulée, les prix du CDS de CMA CGM indiquent une probabilité de défaut de 90% d’ici cinq ans.

Selon le responsable de la gestion du hedge fund LNG Capital, Louis Gargour, le fait de miser sur CMA CGM à de tels niveaux éveille l’intérêt de nombreux investisseurs, bien que le jeu demeure risqué. Le directeur central exécutif en charge des finances de CMA CGM, Michel Sirat, se dit surpris de voir la valeur de la dette du groupe afficher une telle chute. Il espère un retour à meilleure fortune, après avoir réuni lors d’une conférence téléphonique le mois dernier plus de 150 porteurs obligataires.

Le groupe a certes publié une progression de 8% de son chiffre d’affaires au premier semestre, à 7,3 milliards de dollars, et a fait part vendredi dernier d’un nouveau programme dit de restauration des taux de fret, à savoir d’augmentation des prix du transport maritime pour ses clients sur certaines lignes. Notamment depuis l’Asie, de 250 dollars par « équivalent vingt pieds » (EVP) vers la Méditerranée occidentale ou l’Adriatique, ou de 150 EVP vers l’Afrique de l’Ouest, sachant que la capacité des plus importants porte-conteneurs de l’armateur peut atteindre quelque 13.830 EVP. Le groupe fonde de grands espoirs sur le développement de marchés émergents comme l’Amérique latine ou la Russie.

Mais à fin juin la dette nette s'élevait à 5,3 milliards de dollars, représentant plus de trois fois l’excédent brut d’exploitation (685 millions au premier semestre), contre un ratio inférieur à 1 pour le numéro un mondial Maersk. Et les perspectives du transport maritime restent incertaines, dans le sillage de la première contraction jamais concédée du commerce mondial par conteneur en 2009. Cette année-là, les acteurs du secteur avaient essuyé des pertes de 20 milliards de dollars. Selon un consultant cité par Bloomberg, cette perte pourrait atteindre 2,5 à 3 milliards cette année, CMA CGM visant de son côté un résultat net positif.

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