Clariant avertit des premiers signes d’une dégradation de la conjoncture
Traditionnellement sensible aux variations de la conjoncture, la chimie commence à ressentir les premiers effets du ralentissement de l’économie, si l‘on en croit le suisse Clariant. Soulignant ne pas avoir constaté d’effondrement de la demande comme à la fin 2008, le directeur général du groupe chimique Hariolf Kottmann indique néanmoins avoir enregistré «une baisse de la taille des commandes et davantage d’insécurité au sein de la chaîne d’approvisionnement». Ceci concernant des segments comme les pigments ou les additifs destinés aux revêtements et aux plastiques, sur des marchés aussi différents que le Brésil, les Etats-Unis et l’Europe.
Jugeant «indispensable» d’adapter ses anciennes prévisions aux nouvelles conditions de marché, Clariant attend désormais un chiffre d’affaires annuel de 7 à 7,2 milliards de francs suisses, soit une baisse de 10% par rapport à ses objectifs antérieurs. Tout en restant supérieure au niveau de 12,7% atteint en 2010, sa marge brute d’exploitation hors éléments exceptionnels devrait être comprise entre 12,8% et 13,2% sur l’ensemble de 2011, sensiblement inférieure à la fourchette de 13,5% à 14,5% communiquée en juin dernier. Les mois de juillet et d’août ont de surcroît été marqués par l’impact défavorable de la vigueur de la devise helvétique. Le groupe table donc dorénavant sur une parité euro/franc suisse de 1,14 (contre 1,23 auparavant en moyenne) et sur une parité dollar/franc suisse de 0,80 (0,87 auparavant).
Malgré ces prévisions revues en baisse, les analystes de Credit Suisse ont confirmé leur note «low BBB» avec perspective stable pour le chimiste, en jugeant que la confirmation de son objectif de rentabilité à moyen terme, à savoir une marge brute d’exploitation supérieure à 17% en 2015, suppose «le retour d’une structure financière adéquate d’ici à fin 2012».
Cet avertissement a conduit au plongeon de 16,2% de l’action Clariant hier à 6,95 francs, tandis que le titre Arkema finissait en recul de 8,2% à 46,7 euros. La valeur suisse «entraîne en baisse dans son sillage tous ses concurrents les plus cycliques, même si Arkema a maintenu de son côté sa guidance», commente un analyste parisien. La chute du titre Arkema est renforcée par certains éléments techniques, jugent les analystes de Day By Day, en notant que l’action a enfoncé un support majeur à 50 euros.
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