Cisco franchit une nouvelle étape dans la stratégie de recentrage de ses activités

Le groupe débourse 5 milliards de dollars pour mettre la main sur NDS, un éditeur de plates-formes vidéo pour les réseaux numériques
Antoine Duroyon

Le géant américain des réseaux donne un coup d’accélérateur à sa stratégie de recentrage sur la vidéo. Il a fait part jeudi du rachat de NDS, pour quelque 5 milliards de dollars (3,8 milliards d’euros), dette de 1,15 milliard de dollars et primes différées incluses. Cette société fondée en Israël et basée à Londres édite précisément des solutions logicielles pour la télévision numérique payante. Elle compte parmi ses clients les principaux noms du secteur : BSkyB, Canal Plus, China Central Television ou encore Kabel Deutschland. NDS édite également des solutions de sécurisation et de protection des contenus (gestion des droits).

«L’opération démontre de la part de Cisco une stratégie accrue de renforcement sur la vidéo, une poursuite du développement sur le segment des «boxes», et ajoute à la plate-forme Videoscape (qui promet à l’utilisateur une expérience multi-écrans, ndlr) les solutions logicielles de NDS», souligne dans une note Matthew Harrigan, analyste de Wunderlich Securities. Cette acquisition va également «accroître les opportunités de Cisco dans le secteur des fournisseurs de service, élargissant son champ sur les marchés émergents comme la Chine et l’Inde», ajoute le groupe dans un communiqué.

Mise sur pied en 1998, NDS a été rachetée en 1992 par News Corp pour la somme, alors modique, de 15 millions de dollars. En 1999, la société cède aux sirènes de la Bourse avant d’en être retirée en 2009 sur la base d’une valorisation de 3,7 milliards de dollars. Elle est alors détenue à 49% par le groupe de Rupert Murdoch et à 51% par le fonds de private equity britannique Permira Advisers.

Selon Cisco, le prix d’acquisition en termes de multiples d’Ebitda est en ligne avec ce qu’ont connu News Corp et Permira en 2009. Selon une source au fait de l’opération, citée par Bloomberg, Cisco compte financer la totalité de ce rachat avec du cash détenu à l'étranger. En janvier, le groupe était assis sur pas moins de 46 milliards de dollars de trésorerie et équivalents aux Etats-Unis et à l'étranger. En évitant de rapatrier du cash de l'étranger, il pourra ainsi épargner sa note fiscale. Le bouclage de cette opération, qui reste soumise aux autorisations réglementaires, est attendu au cours du second semestre.

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