Cinven et Warburg Pincus laissent au marché le soin de décider du sort de Ziggo
Une affaire rondement menée. Un an après la mise en Bourse de Ziggo, Cinven et Warburg Pincus ont totalement quitté le capital du câblo-opérateur néerlandais qu’ils avaient contribué à constituer au milieu des années 2000 via le rapprochement d’acteurs locaux. Les deux fonds d’investissement, qui se sont régulièrement allégés dans la foulée de l’introduction en Bourse, ont vendu vendredi leur participation résiduelle de 17%, pour un montant de 875 millions d’euros.
Deutsche Bank et UBS étaient chargés de ce placement ultime. Cinven et Warburg Pincus avaient déjà vendus 20% du capital le 19 mars, quelques semaines avant que le groupe annonce des résultats annuels moins bons que prévu. Le premier placement avait été réalisé durant l'été 2012.
Entre la mise en Bourse et les différents placements, Cinven a indiqué avoir récolté au total 1,7 milliard d’euros, soit 2,8 fois sa mise initiale. Warburg Pincus n’a pas dévoilé son bénéfice sur cette opération.
Sans ses actionnaires de référence, Ziggo devrait rapidement susciter les convoitises, alors que le marché européen de la télévision payante est en pleine concentration. Très actif en Europe, le groupe américain Liberty Global a d’ailleurs profité du placement raté d’actions Ziggo en mars pour se constituer un bloc de 12,65%, ce qui fait de lui aujourd’hui le premier actionnaire du câblo-opérateur. Ziggo fait figure de cible de premier choix pour Liberty Global, déjà présent aux Pays-Bas avec UPC. Le groupe de John Malone avait d’ailleurs tenté, en vain, de s’emparer du néerlandais avant sa mise en Bourse. Selon les analystes de Bernstein, un rapprochement entre UPC et Ziggo pourrait générer de 1 à 1,4 milliard d’euros d'économies. Le groupe n’a pas précisé s’il avait profité du dernier placement pour se renforcer au capital.
La réussite de la sortie de Cinven et de Warburg Pincus pourrait également inciter d’autres fonds de private equity à profiter de la Bourse pour céder quelques-unes de leurs participations aujourd’hui à maturité. Carlyle, Cinven et Altice, les actionnaires de Numericable, réfléchissent d’ailleurs à une prochaine mise en Bourse du câblo-opérateur français.
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