Christophe de Margerie pourrait se succéder à lui-même chez Total après 2015
Total pourrait avoir trouvé la réponse à ses problèmes de succession. Le groupe pétrolier prépare en effet le terrain à une possible reconduction de son PDG Christophe de Margerie, dont le mandat actuel arrive à échéance en 2015 au moment de l’assemblée générale statuant sur les comptes de 2014. Le conseil d’administration du groupe pétrolier propose une modification des statuts afin de porter de 65 à 70 ans la limite d’âge du président et de 65 à 67 ans celle du directeur général. La résolution sera soumise au vote des actionnaires lors de l’AG du 16 mai prochain.
Né le 6 août 1951, Christophe de Margerie aura 65 ans en 2016, un an après l’expiration de son mandat actuel. Sans modification des statuts, sa reconduction en 2015 à la tête de Total serait difficilement envisageable, à moins d’accepter qu’il quitte son poste un an seulement après sa réélection. Grâce à ce changement, sa reconduction à la direction générale jusqu’à ses 67 ans, soit en 2018, coïnciderait avec l’horizon du plan de transformation engagé par Total en 2011 et qui doit faire entrer le groupe dans le club fermé des très grands du pétrole avec une production de plus de 3 millions de barils par jour contre 2,3 millions en 2013.
Avec ces nouveaux statuts, Christophe de Margerie pourrait également rester président jusqu’en 2021 et confier la direction générale à son dauphin dès 2018. Un schéma de transition en douceur qui ressemblerait à celui employé lors de la passation des pouvoirs en deux temps entre Thierry Desmarest et Christophe de Margerie: la direction générale en 2007 et la présidence trois ans plus tard.
La prolongation de Christophe de Margerie à la tête de Total donnerait plus de temps à la première capitalisation boursière française pour faire émerger son successeur en interne. Promus début 2012, l’un à la direction générale de la branche marketing & services, l’autre à la tête de la division chimie, les quinquagénaires Philippe Boisseau et Patrick Pouyanné font figure de dauphin naturel.
Mais «ces promotions font partie de la vie courante d’un groupe et rien ne dit que le successeur sera forcément l’un d’entre eux», remarque un bon connaisseur de Total. La prolongation de Christophe de Margerie pourrait profiter à un outsider.
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