Chiquita veut amadouer ses actionnaires en révisant son accord avec Fyffes
Chiquita Brands International et Fyffes tentent de sauver leur fusion. Conseillé par Goldman Sachs, le producteur américain a obtenu du groupe irlandais l’autorisation de modifier leur accord de fusion destiné à créer le leader mondial de la banane. Selon les termes de cette nouvelle proposition, approuvée à l’unanimité par les conseils d’administration des deux entreprises, les actionnaires de Chiquita détiendront 59,6% de la nouvelle entité ChiquitaFyffes, contre seulement 50,7% dans la précédente version de l’accord.
Le groupe fusionné, dont la capitalisation boursière équivaudrait à 855 millions d’euros sur la base des cours actuels, contrôlerait 14% d’un marché mondial de la banane d’environ 5,5 milliards d’euros, ce qui lui donnerait davantage de poids dans les négociations avec les distributeurs.
L’opération est entièrement payée en titres. Les actionnaires du distributeur irlandais de fruits exotiques recevront 0,1113 action ChiquitaFyffes par action Fyffes (contre 0,1567 action dans l’accord conclu en mars dernier), tandis que ceux de Chiquita obtiendront toujours une action du nouveau groupe pour chaque action détenue. Le projet révisé prévoit aussi une hausse de l'éventuelle indemnité de résiliation payable à Fyffes, qui passe de 1% à 3,5% de la valeur totale du capital émis par Chiquita.
«Si les termes révisés de l’accord sont plus avantageux pour les actionnaires de Chiquita en cas de succès de l’offre, le niveau plus élevé de l’indemnité de rupture aura une incidence significative pour Fyffes dans le cas contraire», commente David Holohan, analyste chez Merrion Capital à Dublin. Conseillé par Lazard, Fyffes avait donné son aval à l’ouverture de discussions entre Chiquita et le duo brésilien Cutrale-Safra, qui a lancé le mois dernier une offre alternative de rachat en numéraire de 614 millions de dollars sur le groupe américain.
Chiquita et Fyffes songent à repousser respectivement aux 24 et 28 octobre leur assemblée générale destinée à approuver leur union, qui devrait selon eux obtenir un feu vert sous conditions de l’Union européenne début octobre. Le point le plus délicat de l’accord est lié à la volonté des deux groupes de baser en Irlande le siège social de la nouvelle entité qui sera cotée à New York. L’administration américaine a en effet adopté la semaine dernière plusieurs mesures visant à freiner cette pratique (d’inversion fiscale) destinée à générer des économies d’impôts.
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