Cerberus défend sa position chez PagesJaunes face à Guy Wyser-Pratte
Avec sa position directe au capital, de 0,85%, et même s’il obtient le soutien de plusieurs autres minoritaires, Guy Wyser-Pratte a peu de chance d’entrer au conseil d’administration de PagesJaunes lors de l’assemblée générale de cet après-midi. Le fonds Cerberus, qui contrôle 18,49% du capital de la société de renseignements et surtout 27,94% de ses droits de vote, est en position de force. Compte tenu du taux de participation des dernières AG, ce niveau assure quasiment l’élection au conseil des deux représentants de Cerberus ainsi que celui de sa holding Mediannuaire. Il assure également le rejet de la nomination de Guy Wyser-Pratte et de son associé Pierre Nollet.
L’irruption de l’activiste permet toutefois de soumettre au débat, devant les actionnaires, la situation de PagesJaunes. Si la situation de la structure de tête Mediannuaire a été résolue, avec la sortie en début d’année de KKR et de Goldman Sachs au profit de Cerberus et des autres créanciers, la société opérationnelle souffre toujours d’une lourde dette. Elle portait au 31 mars, 1,68 milliard d’euros de dette nette, soit 3,6 fois la marge brute opérationnelle, juste en dessous de la limite de 4 fois, ce qui rend quasiment inévitable une augmentation de capital à moyen terme.
Un handicap dont est conscient Cerberus. Si une opération «n’est pas à l’ordre du jour, nous discuterions avec la direction de PagesJaunes sur la meilleure façon de soutenir son projet» le moment venu, explique à L’Agefi Steven Mayer, senior managing director de Cerberus et administrateur de PagesJaunes.
Second sujet de tensions, la gouvernance de PagesJaunes. Guy Wyser-Pratte conteste le poids du fonds au conseil d’administration, avec trois représentants sur onze. L’homme d’affaires s’interroge également sur un éventuel accord qui lierait Cerberus aux autres anciens créanciers, devenus également actionnaires depuis la restructuration financière de Mediannuaire. «Nous avons conclu un accord de restructuration avec les autres prêteurs de la holding Mediannuaire. Cette opération a été approuvée par le tribunal de commerce. Nous n’avons pas d’autres accords avec les anciens créanciers et les autres actionnaires de PagesJaunes», dément Steven Mayer.
Quant aux droits de vote double obtenus par Cerberus, via Mediannuaire, le fonds rappelle que ce n’est que l’application d’une disposition votée lors de l’AG de juin 2011, avant même qu’il ne soit actionnaire.
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