Cemex obtient un délai de trois ans pour assurer son redressement
Cemex peut respirer. Le cimentier mexicain a réussi à dépasser le seuil minimum de soutien de ses créditeurs, condition indispensable à la réalisation de son plan de restructuration de quelque 7,3 milliards de dollars de dette arrivant à maturité en 2014. Avec un taux d’accord des créanciers de 92,6%, Cemex échappe ainsi au pire, le seuil ayant été abaissé de 95% initialement à 91%. José González, vice-président des finances du groupe, affiche d’ailleurs sa satisfaction en soulignant dans le Financial Times «la valeur de la réputation que Cemex a construite avec ses créanciers» dans un environnement international tendu.
Le plan de restructuration permettra de décaler de trois ans la maturité, à 2017, un paiement d’un milliard de dollars devant toutefois être réalisé dès l’année prochaine. Les créanciers ont également accepté de souscrire à une émission d’obligations high yield de 500 millions assortie d’un coupon annuel de 9,5% et arrivant à maturité en 2018. Un refinancement qui permet en outre de couvrir le reliquat des 15 milliards de dette souscrite en août 2009 pour éviter la faillite. «Cet accord consolide le risque de refinancement à court terme», estime Michael Kim, analyste chez CRT Capital.
José González indique que cet accord «permet de se donner plus de temps, pour que Cemex puisse poursuivre le renforcement de ses activités, la structure de son capital, et à terme dégager des bénéfices dans le cadre du processus de reprise sur certains de ses marchés clés». Cemex a encaissé 11 trimestres de perte depuis 2007 et une dernière de 187 millions de dollars au deuxième trimestre.
Michael Kim estime cependant que le groupe «a encore du travail pour se désendetter». Cemex aurait également engagé Citigroup, BBVA et Santander comme chefs de file dans le cadre du processus de cession de Cemex Latam Holdings, ses activités en Amérique centrale et du Sud, hors Mexique. Bloomberg estime que le groupe pourrait lever environ un milliard de dollars grâce à une éventuelle introduction sur la Bourse colombienne de ces activités, qui pesaient 12% des ventes du groupe en 2011.
Jose Antonio Gonzalez aurait par ailleurs indiqué que le groupe envisageait d’autres cessions pour accélérer son désendettement, largement hérité du rachat en 2007 de l’australien Rinker pour 15,3 milliards de dollars. Or Cemex n’a que l’embarras du choix, avec des activités dans cinquante pays dans le monde.
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