Celesio perd de sa prime spéculative avec le départ de son patron

Le distributeur pharmaceutique allemand a limogé son directeur général, apprécié des marchés, qui cherchait un partenaire américain
Alexandre Garabedian

Markus Pinger, débarqué mercredi soir de la direction générale de Celesio, a au moins trouvé hier un lot de consolation. L’action du distributeur allemand de produits pharmaceutiques, dont la France est le premier marché, a chuté de 7,67% à 15,22 euros à Francfort à l’annonce de ce départ inattendu. «Depuis sa nomination en août 2011, Markus Pinger a établi et mis en œuvre, en avance sur son calendrier, une stratégie de restructuration viable, écrit James Vane-Tempest, analyste actions chez Jefferies. Son départ immédiat change fondamentalement l’histoire boursière de la société».

Le renvoi du dirigeant s’explique officiellement par «des divergences d’opinion sur la gestion de l’entreprise». En fait de gestion, les divergences concernent surtout l’avenir de la participation de 50% de Franz Haniel, l’actionnaire de référence, dans Celesio. Depuis plusieurs semaines, les rumeurs d’un accord entre le groupe allemand et un partenaire américain circulaient. Le rachat du britannique Alliance Boots, autre acteur de la distribution pharmaceutique, par l’américain Walgreen en juin 2012, alimente les spéculations sur l’intérêt de tels mariages transatlantiques.

Celesio a ainsi mandaté Citigroup pour rechercher un partenaire. Tour à tour, les noms de McKesson, CVS Caremark et Cardinal Health ont été évoqués comme candidats potentiels à un rachat de la moitié ou de la totalité de la part de Franz Haniel, qui vaut 1,3 milliard d’euros au cours d’hier. Il semble que la holding familiale allemande n’ait pas été tenue informée par Markus Pinger de tous ces développements.

Les spéculations sur un changement de contrôle devraient se calmer. «Ces annonces suggèrent que Haniel n’est pas désireux de réduire sa participation. Si celle-ci devait passer sous les 50%, elle ne pourrait plus être consolidée, ce qui conduirait à un déséquilibre majeur dans le portefeuille de la holding», également actionnaire de référence de Metro, estime Thomas Maul, analyste chez DZ Bank.

Alors que l’action Celesio restait sur une surperformance de 21% en 3 mois par rapport au secteur, la correction boursière de jeudi reflète aussi la réduction de cette prime spéculative. Les investisseurs vont donc se focaliser sur les performances opérationnelles de la société, plus incertaines tant qu’un nouveau patron avec une stratégie claire n’aura pas été désigné.

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