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Casino sort grand gagnant de son conflit épique avec Abilio Diniz
Casino sort grand gagnant de son conflit épique avec Abilio Diniz
Le groupe stéphanois détient désormais 38,1% du capital et 99,3% des droits de vote de sa filiale brésilienne, sans débourser d’argent, et en réduisant sa dette
Publié le
Bruno de Roulhac
Après plus de deux ans de conflit ouvert avec son partenaire brésilien Abilio Diniz, Jean-Charles Naouri, PDG et principal actionnaire de Casino, vient de remporter la victoire finale. L’accord transactionnel signé entre les deux groupes ce week-end, mettant fin aux différents pactes d’actionnaires, permet au groupe stéphanois de prendre définitivement le contrôle de sa filiale brésilienne GPA (CBD) sans débourser d’argent. «Un scénario opportun pour un groupe affichant un levier financier relativement élevé», note CM-CIC.
Casino va en effet échanger 19,375 millions d’actions de préférence CBD contre autant d’actions ordinaires Wilkes (holding de contrôle de CBD) détenues par la famille Diniz. Le distributeur français détiendra désormais 100% de Wilkes, 99,3% des droits de vote de CBD et 38,1% du capital de CBD.
Aux termes du pacte d’actionnaires, les Diniz ne pouvaient exercer leur option de vente avant le 22 juin 2014. Dans l’attente de cette échéance et bénéficiant d’un droit de préemption, Casino avait provisionné dans ses comptes 428 millions fin juin 2013, contre 399 millions d’euros fin 2012. Le «put» étant inclus dans la dette financière nette de Casino depuis fin 2012, il diminuera donc d’autant la dette nette de 8,9 milliards d’euros fin juin. De plus, Casino sera enfin seul maître à bord, Abilio Diniz quittant ses sièges de président du conseil de CBD et d’administrateur de Wilkes, et les deux autres administrateurs de CBD nommés par la famille Diniz démissionnant.
Néanmoins, la guerre incessante entre ces deux fortes personnalités a conduit à l’ouverture de nombreux contentieux et actions judiciaires, notamment des procédures d’arbitrage, qui ont un coût. Au premier semestre, Casino avait encore provisionné 36 millions d’euros pour litiges et risques sur GPA. Des dépenses qui vont enfin cesser, les deux parties ayant renoncé à toute action.
Pour sa part, Abilio Diniz n’est pas totalement perdant, puisqu’il récupère des titres (7,3% du capital de CBD) directement cessibles sur le marché. Une participation valorisée actuellement l’équivalent de 628 millions d’euros.
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