Casino conservera tous ses magasins Monoprix

L’Autorité de la concurrence se contentera de la cession de 58 magasins, principalement à Paris, réalisant 185 millions d’euros de ventes
Bruno de Roulhac

Casino peut enfin prendre le contrôle exclusif de Monoprix. L’Autorité de la concurrence vient de donner son autorisation sous réserve de la cession de 58 magasins du groupe (55 à Paris, 2 en Corse et 1 à Saint-Tropez).

En juillet 2012, après des mois de bataille, Casino était parvenu à un accord avec Galeries Lafayette pour lui racheter les 50% de Monoprix non encore détenus au prix de 1,175 milliard d’euros. Mais dès un avis de janvier 2012 rendu à la ville de Paris, le gendarme de la concurrence avait constaté la très forte concentration du marché parisien de la distribution alimentaire, dominé par Casino avec 61,7% des surfaces de vente, soit 50% à 70% du chiffre d’affaires. Si le distributeur stéphanois avait à l’époque contesté ces chiffres, il savait déjà qu’il ne pourrait reprendre Monoprix sans faire des concessions.

Même si ce rachat n’est que partiel, il «modifie la situation concurrentielle: Casino peut désormais définir la politique de prix de Monoprix», explique le gendarme de la concurrence. Dans le cadre de l’examen approfondi de l’opération de concentration, l’Autorité a identifié 50 zones problématiques où la part de marché est supérieure à 50%.

Les négociations ont abouti à la cession de 58 magasins, en propre ou en franchise, sous enseigne Franprix, Monop’, Casino, Leader Price, Petit Casino, Casino Shopping et Spar, pour une surface totale de 21.000 m². Mais aucun Monoprix ne sera cédé, «leur part d’alimentaire n’étant que de 45% et seul l’alimentaire posait problème», rappelle Bruno Lasserre, président de l’Autorité de la concurrence.

Une victoire pour Casino qui conservera tous les Monoprix, à la rentabilité bien supérieure à celle de Casino en France. D’ailleurs, le distributeur souligne le «dialogue constructif» avec l’Autorité et rappelle que les cessions envisagées représentent moins de 1% du chiffre d’affaires en France du groupe Casino, soit autour de 185 millions d’euros.

Les intéressés se sont refusés à dévoiler le calendrier de cessions. Toutefois ces délais «doivent être les plus brefs possibles» et sont «généralement inférieurs à un an», précisent les lignes directrices de l’Autorité sur les concentrations. Casino ne se prononce pas encore sur une cession en bloc ou à l’unité. Intermarché, Système U, Leclerc ou encore Carrefour pourraient profiter de cette opportunité. Pour l’heure Carrefour, contacté par L’Agefi, se refuse à tout commentaire.

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