Carrefour sort gagnant de la guerre des prix en France

Le distributeur continue de gagner des parts de marché sur ses concurrents, ce qui lui permet de maintenir la croissance de ses hypermarchés
Olivier Pinaud

La déflation menace aussi les hypermarchés français. «Il y a des baisses de prix sur certaines catégories de produits d'épicerie», a reconnu hier Pierre-Jean Sivignon, le directeur financier de Carrefour lors de la présentation du chiffre d’affaires trimestriel du distributeur. Une lutte qui se ressent sur le rythme de croissance du groupe. En France, où Carrefour réalise 40% de ses ventes, la croissance organique s’est tassée à 1,4% contre une progression de 2,2% au dernier trimestre 2007. Pour les hypermarchés, le rythme a été divisé par deux (+0,7% après +1,4%).

Une guerre des prix qui profite néanmoins à Carrefour. Pour le quatrième mois consécutif, le trafic dans ses hypermarchés français a progressé. En mars, Carrefour affiche même la plus forte progression de part de marché (+0,5 point) confortant sa place de leader en France avec 21,1% de part de marché devant Leclerc (19,6%), selon l’institut KantarWorlPanel, pour qui «les clients de Carrefour sont plus fréquents donc plus fidèles». Selon les analystes de Natixis, le mix de vente du groupe se serait également amélioré dans les magasins.

Le groupe poursuit donc sa stratégie de reconquête en France engagée par Georges Plassat lors de son arrivée à la tête du distributeur. «Le redressement de la marge opérationnelle ajustée du groupe est loin d’être fini», est persuadé Natixis. Le taux de marge doit gagner 10 points de base par an entre 2013 et 2016 pour atteindre 3,4%. Les analystes de Raymond James ajoutent que le groupe dispose encore d’un potentiel d’amélioration au niveau de sa chaîne d’approvisionnement.

Carrefour peut également s’appuyer sur le dynamisme du Brésil, son deuxième marché après la France. Au premier trimestre, son chiffre d’affaires y a progressé de 6,4% à données comparables contre une croissance de 5,6% fin 2013. Au total, et malgré des performances négatives en Chine ou en Italie, la croissance organique de Carrefour a atteint 3,7% en début d’année contre une progression de 3,2% au dernier trimestre 2013.

«Il s’agit de la meilleure croissance organique depuis plus de deux ans», s’est félicité Pierre-Jean Sivignon. De quoi lui permettre de juger «raisonnable» le consensus des analystes qui prévoit 2,38 milliards d’euros de résultat opérationnel courant en 2014, en hausse de plus de 6%.

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