Carrefour s’offre Guyenne et Gascogne à bon prix
Pour satisfaire tous les actionnaires de Guyenne et Gascogne, Carrefour offrira à la fois du cash et des titres. Hier soir, le distributeur a annoncé son intention de déposer un projet d’OPA à titre principal et d’OPE à titre subsidiaire sur son franchisé. Une opération approuvée à l’unanimité par les deux conseils. Guyenne et Gascogne versera avant la clôture de l’offre un acompte sur dividende de 7 euros par action, contre un dividende de 4,80 euros versé au titre de 2010.
Dans le cadre de l’OPA, Carrefour propose 74,25 euros par action Guyenne et Gascogne, pour un cours de 87,60 euros vendredi soir. Le prix offert, accru de l’acompte de 7 euros, correspond au cours du 6 décembre, juste avant les rumeurs de rapprochement. Pourtant, ce prix pourrait être jugé décevant par les analystes. La semaine dernière, CM-CIC évoquait une valorisation autour de 95 euros, et Cheuvreux autour de 110 euros.
Comme 49,7% des actionnaires de Guyenne et Gascogne – dont la famille Beau (21,3%), First Eagle IM (20,1%) et Tocqueville Finance (4,8%) – se sont engagés à apporter leurs titres à l’OPE, Carrefour devrait débourser au maximum 248 millions d’euros au titre de l’offre en numéraire. Holding de Lisbonne, qui détient 7,4% de Guyenne et Gascogne, s’est engagé à apporter ses titres à cette offre.
Dans le cadre de l’OPE, basée également sur la parité d’avant les rumeurs, 3,90 actions Carrefour à émettre seront offertes pour 1 action Guyenne et Gascogne. Cette offre subsidiaire sera limitée à 75% du capital. Si ce chiffre était atteint, les actionnaires actuels de Carrefour seraient dilués de près de 3%. Seuls la famille Beau et First Eagle – et non Tocqueville Finance – se sont engagés «sous certaines conditions» à conserver leurs titres Carrefour pendant au moins douze mois. Au total, l’OPA/OPE valorise Guyenne et Gascogne 542 millions.
Conseillé par Rothschild & Cie et par Ondra Partners, Guyenne et Gascogne a nommé Bertrand Jacquillat, président d’Associés en Finance, comme expert indépendant. Carrefour, conseillé par Société Générale, lancera son offre au premier trimestre 2012.
Parallèlement, Carrefour a annoncé sa décision d’exercer l’option de vente de sa participation dans le Groupe Altis, l’un de ses franchisés du Sud-Ouest. Il détenait Groupe Altis à parité avec le basque espagnol Eroski. Le prix de cette option est de 153 millions d’euros en numéraire.
Plus d'articles du même thème
-
La Bourse sanctionne le gouffre financier de l'IA
Les déceptions du troisième trimestre parmi les hyperscalers et l’avertissement d’Intel ont ponctué un nouveau mois difficile pour le secteur tech. Une rotation est à l’œuvre tandis que les investisseurs cherchent refuge auprès des emprunts d’Etat. -
Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
Le S&P 500 pourrait encore gagner 9% sur un an, comme la Bourse japonaise et l’indice paneuropéen. En revanche, le CAC 40, seul de ces indices en recul depuis le début de l’année, ne dispose que d’un potentiel de 6%. -
Les panels parient sur au moins deux hausses des taux Fed
Les panélistes interrogés par L’Agefi n’ont pas modifié leurs attentes de taux pour les quatre grandes géographies par rapport à fin septembre. Ils renforcent légèrement le dollar.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Tégo divorce d'Allianz et AGPM
Contenu de nos partenaires
-
Winter is comingCroissance, dette : la France perd pied
« La France est à l'arrêt », constate le ministre des Finances, Roland Lescure. Les marges de manœuvre se réduisent : il faut contenir le déficit public alors que l'activité cale et les taux s'envolent -
EditoCrise énergétique et Budget : la France à l’heure d’hiver
Après les carburants, le gaz. Une autre crise énergétique est partie pour prendre de l’ampleur. Et démontre la nécessité d’affronter la réalité budgétaire d’un pays aux abois -
Derrière les effusions, ce que contient l’accord UE-Canada (et ce qu’il ne contient pas)
Les dirigeants canadiens et européens ont dévoilé vendredi l’ébauche de leur « alliance pour le futur » à l’issue d’un sommet de deux jours à Montréal. Il reste cependant de nombreux points à négocier et de potentiels litiges à lever au cours des prochains mois