Carrefour redresse vigoureusement sa rentabilité en France
La marge opérationnelle rebondit de 120 points de base en France, mais chute d’autant en Europe et baisse en Asie et en Amérique latine
Publié le
Bruno de Roulhac
Une fois n’est pas coutume: Carrefour a pris la tête du CAC 40 (+5,60% à 24,06 euros) après le fort rebond inattendu de la rentabilité du groupe en France au premier semestre. Alors que les ventes sur son marché domestique sont restées stables à 16,9 milliards d’euros, le résultat opérationnel courant (ROC) a bondi de 75% à 482 millions. Soit une marge de 2,8% contre 1,6% un an plus tôt. Si Carrefour se borne à évoquer «une bonne rentabilité de l’ensemble des formats», le PDG, Georges Plassat, a souligné une amélioration dans le non-alimentaire, particulièrement dans le textile et le bazar, estimant que ce secteur devrait pouvoir renouer avec la rentabilité.
En revanche, nombre d’analystes avouent avoir été déçus par la rentabilité des autres zones, à commencer par l’Europe où le ROC chute de 76% à seulement 36 millions d’euros, soit une marge de 0,4% (1,6% un an plus tôt), essentiellement en raison de l’Italie. Le nouveau management de la péninsule, en place depuis avril, devra redresser la barre. Confiant, Georges Plassat attend une amélioration dès 2014.
Déception également en Amérique latine où la marge recule de 30 points de base à 3,1%, principalement à cause du gel des prix en Argentine, tandis que la marge baisse de 50 points de base en Asie à 2,7%, notamment en raison de la poursuite de l’inflation salariale et des coûts d’expansion en Chine.
Toutefois, en jugeant toujours raisonnable le consensus de 2,2 milliards d’euros de ROC «sauf trop fortes variations de change», le directeur financier, Pierre-Jean Sivignon, a rassuré le marché. En outre, grâce aux opérations de recentrage du groupe –notamment la cession des participations dans MAF Hypermarkets et en Indonésie– la dette nette de Carrefour est tombée à 5,9 milliards d’euros, contre 9,6 milliards fin juin 2012.
Désormais, «Carrefour emprunte la route de la sérénité. On travaille sur le plus long terme», a expliqué le PDG, Georges Plassat, estimant que les enjeux de pouvoir qui ont empoisoné le groupe sont maintenant très largement en voie de disparition. Le PDG prône la décentralisation, notamment en réorganisant le siège pour qu’il soit plus proche de l’opérationnel. Georges Plassat a également insisté sur la nécessité de poursuivre les investissements, déjà en hausse de 11% à 620 millions d’euros sur le premier semestre, mais s’est montré beaucoup plus prudent sur le développement du drive et de l’e-commerce.
Avec un deuxième marché domestique, la banque française répond au manque de diversification qui lui a parfois été reproché. Elle ne cache pas sa volonté de développer rapidement la banque portugaise qui fait maintenant partie du groupe.
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