Carrefour met en suspens le déploiement du concept Planet
Soulagé et détendu. Telle est l’image qu’a donnée Lars Olofsson, PDG de Carrefour pour sa dernière présentation de résultats. Après «trois années extraordinaires, je pense que c’est le bon moment pour passer le relais», confie-t-il en souhaitant «beaucoup de succès» à son successeur, Georges Plassat, qui arrivera, de Vivarte, le 2 avril prochain. Un beau geste pour quelqu’un nommé puis débarqué par Bernard Arnault.
Un travail de titan attend son successeur. En 2011, le résultat opérationnel courant (ROC) a chuté de 19,2%, comme prévu, dans le bas de la fourchette de 15 à 20%, à 2,2 milliards d’euros. Seule l’Amérique du Sud améliore son ROC de 27,5%, tandis qu’il recule de 32% en France, de 28% en Europe, et même de près de 10% en Asie. Toutefois, le distributeur assure que seule la Grèce était «dans le rouge» l’an dernier.
En ce changement de règne, le distributeur en a profité pour faire le ménage, en passant 2,2 milliards d’euros de dépréciations, dont 1,8 milliard sur l’Italie, «ce qui soulève des questions légitimes sur l’avenir de ce pays» chez Carrefour, note Oddo.
Georges Plassat devra aussi décider du sort de Planet, mis en suspens avec seulement 11 transformations en 2012, après les 81 déjà réalisées. Soit un retard considérable sur les 221 Planet prévus pour fin 2013… D’ailleurs, les premiers résultats du concept, sur quatre mois en moyenne, sont décevants. Si les ventes surperforment celles des magasins non convertis, la rentabilité reste stable en France et en Espagne, progressant seulement en Belgique.
Ce quasi-gel du concept Planet permettra de réduire drastiquement les investissements de 2,3 milliards d’euros en 2011 à une fourchette de 1,6 à 1,7 milliard cette année, essentiellement pour se renforcer dans les émergents. Une nécessité alors que le cash flow libre s’est effondré de 839 millions d’euros à 77 millions en 2011.
Résultat, le dividende sera divisé par deux, de 1,08 l’an dernier, à 0,52 euro – en numéraire ou en titres – cette année, alors que le consensus Bloomberg espérait 0,80 euro. Désormais, Carrefour versera 45% de son résultat net ajusté, en ligne avec les autres groupes du CAC 40, a expliqué Lars Olofsson.
A défaut de dévoiler des objectifs de résultats pour 2012, le distributeur vise un minimum de 400 millions d’euros de réductions de coûts (449 millions en 2011, pour un objectif de 480 millions) et une baisse de 2 jours des stocks (+1,6 jour en 2011, pour un objectif de -2 jours).
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