Carlos Ghosn veut s’octroyer des avantages à l’AG de Renault
L’assemblée générale de Renault, le 30 avril prochain, pourrait être mouvementée au regard des résolutions présentées, dont plusieurs sont en faveur du PDG de Renault, Carlos Ghosn. Le conseil d’administration propose de réviser les statuts afin de permettre à Carlos Ghosn de conserver son poste de PDG jusqu’en 2022, en relevant la limite d’âge.
En tant que directeur général, il est réputé démissionnaire dès son soixante-cinquième anniversaire, soit le 9 mars 2019. Le nouveau texte lui permettrait de rester jusqu’à la fin de son mandat d’administrateur, soit à l’AG 2022. Il pourrait même rester président non exécutif jusqu’en 2026. Sous réserve de l’approbation par plus des deux tiers des votants.
Actuellement, les fonctions du président du conseil cessent à l’issue de l’AG qui statue sur les comptes de l’exercice au cours duquel il a atteint l’âge de 70 ans, soit l’AG 2025 pour Carlos Ghosn. La nouvelle règle propose de relever la limite d’âge à «moins de 72 ans» et si cette limite est atteinte en cours de mandat, le président continuera à exercer son mandat jusqu’à son terme. En avril 2022, Carlos Ghosn aura 68 ans et pourrait donc bringuer un nouveau mandat jusqu’en 2026.
En revanche, une résolution prévoit d’abaisser la limite d’âge des administrateurs de 80 ans à 72 ans. Un véritable progrès. Comme pour le président, l’administrateur de 72 ans poursuivra néanmoins son mandat jusqu’à son terme.
Renault propose aussi de supprimer l’obligation statutaire de détention d’au moins une action, le règlement intérieur du conseil imposant déjà de détenir un nombre «significatif» d’actions «au regard des jetons de présence perçus».
Par ailleurs, Renault propose d’offrir à Carlos Ghosn une indemnité de non-concurrence d’un montant égal à deux ans de la rémunération fixe et variable effectivement versée. Une résolution qui pourrait être contestée compte tenu de la rémunération actuelle du patron de Renault. Au titre de 2014, Carlos Ghosn a touché 3 millions d’euros (1,2 million en fixe, et 1,8 million en variable dont 1,4 million en actions), sans compter les actions de performance attribuées l’an dernier, valorisées 4,1 millions d’euros, mais aussi sa rémunération chez Nissan de 995 millions de yens (7,6 millions d’euros). Si cette rémunération avait été contesté à 35,6% en 2014 pour la première année du «say on pay», les actionnaires pourraient être plus sévères cette année.
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