Cargill restructure et supprime 2.000 emplois

Le numéro un mondial du trading des produits agricoles réduit notamment des postes à Genève et à Hong Kong, dans l'énergie et les métaux
Marc Guéniat, à Genève

Confronté à des résultats en baisse, Cargill restructure. Début décembre, le géant américain du négoce des produits agricoles a annoncé la suppression de 2.000 emplois à travers le monde, soit 1,5% de ses effectifs. Son siège de Genève, d’où se déploient ses activités dans l'énergie, les transports et les métaux, est touché, selon deux sources anonymes, dont une interne.

Basée dans le Minnesota, la multinationale en mains privées confirme que 120 postes de son département énergie, sont supprimés à Genève ainsi qu'à Hong Kong. Une partie de ces emplois dans le back office seront déplacés en Pologne et en Bulgarie, selon ces sources. La compagnie emploie 850 personnes en Pologne, notamment dans la gestion du risque, et 10 en Bulgarie. Deux pays depuis lesquels, atteste Corinne Holtshausen, une porte-parole de Cargill, un «support substantiel» est déjà fourni aux activités de trading exercées depuis Genève. La porte-parole dément en revanche tout abandon du site suisse.

La rumeur court depuis quelques semaines à Genève, renforcée par le fait que Cargill s’apprête à déménager de son immeuble situé dans le quartier de Champel. Son bail arrive à échéance en septembre 2014 et ne sera pas renouvelé en raison d’importants travaux de rénovation que doit subir le bâtiment. Établie à Genève depuis 1956, la firme n’a pas souhaité indiquer si les locaux qu’elle convoite doivent pouvoir abriter le même nombre de collaborateurs.

Menée durant les six prochains mois, la réduction d’effectifs décidée par le numéro un mondial du trading des produits agricoles fait suite à la chute de ses résultats au premier trimestre 2011, de juin à août, par rapport à l’an dernier. Le chiffre d’affaires a certes augmenté de 34%, à 34,6 milliards de dollars, mais le bénéfice a plongé de 66%, à 236 millions de dollars.

Comme ses concurrents, dont Bunge, le groupe attribue ces chiffres au degré élevé d’incertitude planant sur l'économie mondiale et ses répercussions sur les marchés des matières premières, marqués par une forte volatilité des flux de capitaux. Ces résultats montrent aussi l’extrême dépendance du groupe aux variations des prix des contrats à terme ainsi que l’importance des stratégies spéculatives sur ses profits. Cette volatilité reflète en effet la complexité, même pour l’un des leaders du marché «physique» des matières premières, du contrôle des risques dans un tel contexte.

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