Capgemini supprime habilement un risque d’augmentation de capital de 10%
Deux lettres font parfois la différence. En émettant une Ornane pour racheter par anticipation les Oceane qui arrivaient à échéance en 2014, Capgemini a levé une incertitude qui pesait sur le cours de l’action.
«En rachetant l’Oceane, notre objectif est d’éliminer immédiatement la dilution correspondante de l’ordre de 10%. Le refinancement par l’émission d’Ornane, qui nous permettra de rembourser le nominal en cash lors de sa conversion, se traduira par une dilution potentielle de l’ordre de 1%, trois fois moindre que via une convertible traditionnelle», explique Aiman Ezzat, le directeur financier de la société de services informatiques. L’action Capgemini a gagné 5,46% vendredi.
Alors qu’une obligation convertible en actions (Oceane) est remboursable par l’émission d’actions, le nominal d’une obligation remboursable en numéraire (Ornane) peut être intégralement remboursé en cash. Seule la différence potentielle entre le cours de Bourse lors de l’arrivée à échéance des Ornane et la valeur de conversion des obligations doit être payée en actions. D’où la limitation de la dilution.
«La très forte demande des investisseurs, notamment de la part des fonds directionnels, a permis d’obtenir des termes jamais vus depuis 2007», note Thierry Olive, responsable des activités ECM de BNP Paribas, la banque en charge de l’opération, devant Citi, Morgan Stanley et Natixis. Initialement prévue pour un montant de 350 millions d’euros, la taille de l’opération a été portée à 400 millions. Le coupon et le rendement à maturité sont nuls pour une maturité fixée à janvier 2019. Enfin, la prime d’émission atteint 42,5%, la plus élevée de toutes les convertibles émises depuis le début de l’année en France, devant l’Oceane d’Alcatel-Lucent (37%).
Ouvert en 2007 par Business Objects, le marché des Ornane a depuis été emprunté par Silic, Foncière des Régions, Unibail, Assystem ou Orpéa. Ce type d’obligation convient bien aux foncières car ces dernières ne sont pas légalement contraintes de comptabiliser ces instruments en valeur de marché (mark to market) contrairement aux autres sociétés. Pour éviter cet inconvénient, Capgemini a mis en place avec BNP Paribas un mécanisme dérivé qui permet d’échapper au «mark to market» et de mieux gérer la dilution potentielle liée à l’Ornane tout «en améliorant la prime de conversion au-delà des 42,5%», ajoute le banquier de BNP Paribas.
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