Bruxelles autorise le passage à trois opérateurs mobiles en Irlande

Le dossier Telefonica-KPN en Allemagne, sur lequel la Commission doit statuer avant le 10 juillet, sera le vrai test d’un éventuel changement de doctrine
Alexandre Garabedian

Les lignes bougent en matière de concurrence dans le secteur des télécoms en Europe. Le 28 mai, la Commission européenne a autorisé le rachat d’O2 Ireland, la filiale de Telefonica par le chinois Hutchison 3G (H3G). Une décision qui fera passer de quatre à trois le nombre d’opérateurs mobiles sur ce marché «relativement petit, avec environ 4,6 millions d’habitants et 5,5 millions d’abonnements mobiles», selon Bruxelles.

La consolidation des marchés avec le passage de quatre à trois opérateurs est essentielle au regain de compétitivité d’acteurs affaiblis par la concurrence tarifaire. En Irlande, où le nouveau groupe, numéro deux, fait face à Vodafone et Eircom, elle se fera sous conditions. H3G s’est engagé à vendre à deux opérateurs de réseau mobile virtuel (MVNO) irlandais «jusqu’à 30% de la capacité de réseau de l’entreprise issue de l’opération de concentration», selon le communiqué des services de Joaquin Almunia, le commissaire à la Concurrence. Le câblo-opérateur Liberty Global serait notamment en discussion avec Hutchison à ce sujet. H3G va par ailleurs proposer à Eircom «de poursuivre l’accord de partage de réseau à des conditions préférentielles» que l’opérateur a noué avec O2 Ireland.

Ces concessions semblent cependant largement supportables par H3G, à en juger par la réaction de l’autorité de la concurrence irlandaise, la Comreg, à l’annonce de l’accord. Celle-ci les a jugées «inadéquates et inefficaces».

Compte tenu de la taille du marché irlandais, il est cependant prématuré de conclure à un changement de doctrine à Bruxelles en matière de concentration du secteur. Le vrai test viendra d’Allemagne, où le projet de fusion de la filiale de Telefonica avec celle de KPN, E-Plus, annoncée en 2013, est toujours en cours d’examen. La Commission rendra son verdict «dans les jours qui précèdent» le 10 juillet, a indiqué mercredi Joaquin Almunia, en soulignant que le dossier allemand était bien différent du cas irlandais.

Un nouveau feu vert de Bruxelles le mois prochain, là aussi sous conditions, pourrait alors encourager les mouvements de consolidation sur d’autres marchés. Et notamment en France, où le ministre de l’Economie Arnaud Montebourg défend le passage à trois acteurs. «Il y a urgence, après ce qui s’est passé autour de SFR et donc l’opération avec Numericable, c’est dans les prochaines semaines que les choses doivent se décanter», a déclaré mercredi Stéphane Richard, le PDG d’Orange, sur la radio BFM Business.

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