BP souhaite tourner rapidement la page de la marée noire du Golfe du Mexique
Le procès qui doit déterminer les responsabilités de BP et de ses sous-traitants dans la marée noire ayant souillé le Golfe du Mexique au printemps 2010 s’ouvrira normalement dans moins de trois semaines en Louisiane. A l’occasion de la présentation de ses résultats, le pétrolier britannique a indiqué hier par la voix de son directeur Bob Dudley qu’il était disposé à régler à l’amiable «sur la base de termes justes et raisonnables» les quelque 600 actions en justice intentées contre lui par des particuliers et l’Etat fédéral américain.
Selon Martijn Rats, analyste chez Morgan Stanley, BP pourrait préférer verser sans attendre 20 à 25 milliards de dollars pour éviter de voir son image encore dégradée par une longue procédure au cours de laquelle le groupe est susceptible d'être accusé de négligence grave ayant entraîné l’explosion de la plate-forme Deepwater Horizon et la destruction partielle du puits de pétrole Macondo qu’il exploitait.
Grâce à la contribution de ses partenaires Anadarko, Mitsui et Cameron avec lesquels il est parvenu à un accord, le groupe estime qu’il aura terminé «au dernier trimestre 2012», avec un an d’avance, son abondement au fonds spécial de 20 milliards de dollars («Trust Fund») mis en place pour compenser les victimes de la marée noire. Il reste cependant en conflit avec le propriétaire de la plate-forme Transocean et avec le responsable du coffrage en ciment Halliburton.
Dans ce contexte, sa décision d’augmenter de 14%, à 8 cents par action, son dividende trimestriel «est un signe positif de confiance dans l’amélioration des performances opérationnelles», juge Tony Shepard, analyste chez Charles Stanley. Malgré un repli de 5% de sa production d’hydrocarbures entre octobre et décembre et des marges de raffinage en baisse, le prix élevé du brut a permis au bénéfice net (ajusté des éléments exceptionnels et de la variation des stocks) de progresser de 14,4% à près de 5 milliards de dollars, à comparer à un consensus de 4,9 milliards.
Pour l’exercice 2012, BP anticipe une stabilisation de sa production et une hausse de 15% de ses investissements industriels à environ 22 milliards de dollars. Sur la base d’un cours du brut de 100 dollars le baril, il se dit confiant dans sa capacité à augmenter de 50% son cash-flow d’exploitation d’ici à 2014, à partir d’un niveau de 22 milliards l’an dernier.
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