BP retrouve une part de sa superbe en proposant le retour du dividende
Le phénix renaît de ses cendres. Mais BP n’est pas encore tout à fait aux yeux des observateurs le groupe plus fort et digne de confiance dont rêve son directeur général depuis le 1er octobre, Robert Dudley. Objet des plus vives critiques depuis la terrible marée noire du Golfe du Mexique au printemps 2010, le groupe pétrolier britannique a donné hier le signal du renouveau. Avec pour symbole, le retour du dividende, tant attendu. Après trois trimestres de suspension, le geste s'élève à 7 cents par action au titre du quatrième trimestre 2010. Soit deux fois moins exactement qu’un an auparavant. Mais, c’est promis, BP a de quoi récompenser plus dignement encore ses actionnaires avec le relèvement progressif du dividende depuis un niveau qualifié de «prudent» par le président Carl-Henric Svanberg.
Les résultats du trimestre écoulé tout d’abord se sont révélés solides, mais inférieurs aux attentes, avec un bénéfice net aux coûts de remplacement (ne tenant pas compte de la variation de la valeur des stocks) en hausse d’un tiers à 4,61 milliards de dollars. Le recul de 9% de la production (à 3,67 millions de barils équivalent pétrole quotidiens) a été compensé par la progression des prix de l’or noir et par de meilleures marges de raffinage.
Mais le colosse garde des pieds d’argile, à l’image d’une nouvelle charge d’un milliard de dollars portant les provisions liées à la marée noire à 40,9 milliards, en dépit d’une dotation du fonds d’indemnisation des victimes qui semble plus que suffisante, selon son administrateur Kenneth Feinberg. En Russie par ailleurs, le projet de coentreprise avec Rosneft, annoncé le mois dernier, subit l’opposition féroce de TNK, déjà associé à BP.
Le groupe britannique a tout de même assuré hier qu’il poursuivait sa quête de partenariats et qu’il souhaitait renforcer significativement ses investissements dans l’exploration (environ 20 milliards de dollars cette année). Surtout, BP continue son imposant programme de cession d’actifs. Le groupe a ainsi fait part hier du projet de vente de deux usines de raffinage au Texas et en Californie, afin d’accentuer son recentrage sur la production. Ces deux sites représentent la moitié de la capacité de BP aux Etats-Unis. Hors ce projet, le groupe est toujours en ligne avec son objectif de cession de 30 milliards de dollars d’actifs d’ici fin 2011.
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