BP et Rosneft scellent une alliance capitalistique à visée industrielle
Londres et Moscou ont-ils décidé de briser la glace ? Alors que les relations diplomatiques entre les deux puissances sont glaciales depuis le meurtre d’un ancien agent russe dans la capitale britannique en 2006, l’annonce d’une coopération d’envergure dans le secteur pétrolier pourrait bien signifier une période de dégel. BP et Rosneft ont dévoilé vendredi un partenariat capitalistique à visée industrielle.
Le pétrolier britannique a accepté d'échanger un bloc représentant 5% de son capital contre une participation de 9,5% dans son homologue russe, sous contrôle de l’Etat. Une opération, dont le montant s'établit à 7,8 milliards de dollars, et qui a le goût de la revanche pour Bob Dudley, PDG de BP, évincé en 2008 de la coentreprise TNK-BP, deuxième producteur du pays.
Cette opération renforce en effet le poids de BP en Russie et lui ouvre de belles perspectives en matière d’exploration pétrolière. Les deux partenaires vont développer trois blocs (East Prinovozemelsk 1, 2 et 3) situés dans la mer de Kara (cercle arctique), au large de la côte septentrionale de la Russie. Rosneft a reçu en octobre l’autorisation de procéder au forage.
Selon les estimations de Igor Sechin, président de Rosneft, ces blocs sont «uniques» et pourraient receler 5 milliards de tonnes de pétrole et 10.000 milliards de mètres cubes de gaz. La production ne sera effective qu'à compter de 2020, a précisé Carl-Henric Svanberg, président de BP. Ce dernier s’est déclaré confiant quant à l’opportunité de développer les activités du groupe en Russie - un pays où BP est présent depuis plus de 20 ans - malgré les déconvenues essuyées par des investisseurs étrangers. Le gouvernement a ainsi forcé Royal Dutch Shell à céder une partie de sa participation dans le projet Sakhalin 2 à Gazprom en 2006.
Alors que pour BP, cette opération lui permet de prendre à moindres frais un peu de distance avec les Etats-Unis, où sa cote est au plus bas depuis la marée noire dans le golfe du Mexique, les critiques à l’encontre du groupe britannique n’ont pas manqué de pleuvoir. Le parlementaire américain démocrate Ed Markey, en pointe sur la question de l'énergie, a demandé à ce que le gouvernement se penche sur l’opération, brandissant la menace d’une ingérence dans un secteur stratégique. Et de rebaptiser BP «Bolshoi Petroleum».
Plus d'articles du même thème
-
Blackstone lève 13 milliards de dollars dans le direct lending européen
La levée de Blackstone European Senior Direct Lending Fund IV et des fonds associés conforte la place désormais prépondérante du crédit et de l'assurance (35%) dans le total des encours du gérant. -
EXCLUSIFMichael Rees (Blue Owl) : « Nous ne considérons pas que les gérants européens soient en retard lorsqu’il s’agit de s’associer à un acteur du GP stake »
Le co-président de Blue Owl Capital et responsable de la stratégie GP Stake détaille pour L’Agefi la levée de son sixième fonds flagship, son intérêt pour le mid-market européen et sa vision de l’alignement d’intérêts avec les sociétés de gestion dans lesquelles il investit. -
L'Agefi remet les GPGA avec Six
L'Agefi a remis dans la soirée du 3 novembre, ses Grands prix de la gestion d'actifs (GPGA) 2026 en partenariat avec Six Europerformance.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- Parvus accentue sa pression sur la gouvernance d’Accor
Contenu de nos partenaires
-
Aux Etats-Unis, les Californiens disent « non » à la taxe Zucman
Après le dépouillement de 60 % des bulletins de vote, le « non » l’emporte à environ 55 %. Un nouveau revers pour l’économiste français Gabriel Zucman -
InfrapolitiqueJ'ai lu le glaçant Mini-manuel d’insurrection informationnelle qui inspire tant LFI
Au Brésil, la chaîne WhatsApp « Armée de Lula » a contribué à la victoire du président sortant. A quel prix ? Celui d'internautes considérés comme des « soldats », à qui il était demandé de suspendre leur « conscience critique » le temps d'une action sur les réseaux sociaux ? -
La Fabrique de l'OpinionMahasti Razavi, du cabinet Debouzy : « Ce qui freine l’innovation en IA, ce n’est pas la réglementation, ce sont les moyens »
Mahasti Razavi est Managing Partner d'August Debouzy, experte en droit des technologies de l'information.