Bouygues Telecom monétise son réseau auprès d’Antin Infrastructure
Bouygues Telecom s’active pour contrecarrer les effets de la montée de la concurrence dans la téléphonie mobile en France. En plus du plan de réduction de coûts, qui doit lui permettre d’économiser 300 millions d’euros en année pleine, l’opérateur de télécoms cherche à monétiser une partie de ses actifs. La filiale de Bouygues a indiqué à L’Agefi mener des négociations exclusives avec le fonds Antin Infrastructure Partners en vue de lui céder 2.000 pylônes sur lesquels sont installées une partie de ses antennes de téléphonie mobile, confirmant une information de Bloomberg. Au total, Bouygues Telecom dispose de 15.000 points de relais en France. Antin IP n’a pas souhaité faire de commentaire.
Le montant de la transaction n’est pas révélé mais il est estimé à environ 200 millions d’euros, soit 100.000 euros par pylône. Un prix proche de celui qui avait servi en début d’année lors du rachat par Abertis de 500 tours de transmission auprès de l’opérateur Telefonica pour un montant de 45 millions d’euros. Une fois cédées, ces infrastructures dites passives, car elles n’entrent pas directement dans la transmission du signal, sont ensuite louées par l’opérateur auprès du nouveau propriétaire. Celui-ci peut également les louer à d’autres opérateurs de réseaux, de téléphonie mobile ou de télévision. Bouygues Telecom loue déjà 3.000 de ses points hauts au groupe TDF.
Cette somme permettrait à Bouygues Telecom de combler une partie de ses besoins de trésorerie gonflés cette année par l’achat de fréquences de téléphonie mobile à très haut débit (4G) pour un montant total de 683 millions d’euros. Cette dépense exceptionnelle, couplée à la baisse du cash flow de l’opérateur sous l’effet du repli de ses marges, devrait empêcher l’opérateur de distribuer cette année un dividende à ses actionnaires, Bouygues et le groupe Decaux. Au titre de 2011, il avait fait remonter 212 millions d’euros de dividendes, quasiment deux fois moins qu’un an auparavant.
A plus long terme, cette opération pourrait constituer une première étape en vue d’un partage plus large de ses infrastructures, passives et actives, avec un ou plusieurs concurrents. En plus d’économiser, selon les estimations, 10% à 30% des coûts de fonctionnement, cette solution permettrait de rentabiliser les investissements que vont devoir engager les opérateurs pour construire leur futur réseau 4G.
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