Bonduelle refinance sa dette par un placement privé innovant
Bonduelle ouvre le marché du placement privé européen obligataire. Le producteur de légumes placera aujourd’hui 145 millions d’euros, bien au-dessus de son ambition initiale de 100 millions, en raison du fort appétit des investisseurs institutionnels européens, assureurs et mutualistes. La transaction, arrangée par Crédit Agricole CIB pour le compte du Crédit Agricole Nord de France, offre un coupon de 3,83% à 6,5 ans (mars 2019). Un coupon jugé «attractif» par les analystes.
Début juillet, Bonduelle avait déjà mis en place un crédit revolving, très largement sursouscrit, de 300 millions d’euros d’une maturité de 5 ans (juin 2017) auprès de sept groupes bancaires internationaux. Un financement qui limite le coût de la dette du groupe à 3,5%.
Ces deux opérations de l’été permettent à Bonduelle d’assurer le financement de ces acquisitions depuis le début de l’année – Coubanskie Conservi en Russie, des sites de légumes surgelés d’Allens aux Etats-Unis, et la conserverie Kelet-Food en Hongrie, dont Portzamparc estime le coût global à 100 millions d’euros – et de refinancer par anticipation la composante obligataire des Obsaar (obligations à bons de souscription et/ou d’acquisition d’actions remboursables) 2007 et 2009, soit 150 millions d’échéance juillet 2013 et 140 millions d’échéance avril 2014.
Bonduelle accroît ainsi la désintermédiation de sa dette (61% post émission), dont la maturité sera allongée à 5,6 ans, contre 3,5 ans fin juin 2011. A cette époque, la dette du groupe était constituée à 47,6% d’Obsaar, à 42,6% de placements privés américains (USPP) et à 9,8% de court terme. A la fin de l’exercice 2011-2012 clos fin juin, Oddo estime la dette financière nette à 600 millions d’euros contre 492 millions un an plus tôt, en raison des acquisitions.
Bonduelle se veut toujours innovant dans ses modes de financement. L’un des premiers groupes français a avoir émis sur le marché des placements privés américains dès 2000, le premier a inauguré ce placement privé européen obligataire, alternative au classique financement bancaire, plus limité par les conséquences de Bâle III, pour les entreprises de taille intermédiaire (ETI) non cotées, Bonduelle pourrait suivre aussi les pas d’AgroGeneration. Le producteur de céréales avait été la première société en juin dernier à lancer un emprunt obligataire ouvert aux particuliers comme aux institutionnels.
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