Bolloré se renforce dans Vivendi à un moment crucial
Le groupe Bolloré n’a pas tardé à trouver à quels «besoins généraux» il pourrait consacrer le produit de la vente d’une partie de sa participation dans Havas, annoncée mercredi. Un communiqué est tombé dès hier, indiquant que le conglomérat du milliardaire breton Vincent Bolloré avait «porté sa participation de 8,15% à 10,2% du capital de Vivendi en achetant 27,7 millions d’actions supplémentaires» au prix unitaire de 22,85 euros.
Soit un investissement total de 632 millions d’euros. «A la suite de ces achats, le groupe Bolloré détient 137,8 millions d’actions Vivendi, représentant une valeur boursière de 3,2 milliards d’euros», ajoute le communiqué.
Le matin même, en raison d’une forte demande, le groupe annonçait avoir finalement cédé 22,5% du capital de Havas, soit une part nettement supérieure à ce qu’il avait indiqué la veille au soir, à savoir 17%. Réalisée au prix de 6,4 euros par action, l’opération de cession va permettre à Bolloré de retirer 601 millions d’euros. Cette somme couvre en quasi-intégralité le montant de la montée au capital de Vivendi.
En réalisant cet investissement, Vincent Bolloré – PDG du groupe Bolloré mais également président du conseil de surveillance de Vivendi – répond aux critiques formulées par plusieurs actionnaires. Peter Schoenfeld, à la tête du fonds américain P. Schoenfeld AM (PSAM) détenteur de près de 1% du capital du groupe de médias, réclame une réévaluation du plan de retour aux actionnaires, ainsi que des cessions d’actifs (la direction parle de «démantèlement») pour redynamiser l’action en Bourse, jugée sous-évaluée.
Une autre critique émane de PhiTrust Active Investors et concerne l’application du dispositif des droits de vote double prévu par la loi Florange. L’actionnaire a déposé une résolution en ce sens pour l’assemblée générale prévue le mois prochain. Or, les droits de vote double permettront encore à Vincent Bolloré de renforcer son emprise sur Vivendi.
Car si Vincent Bolloré voit sa stratégie directement contestée, sa légitimité à la tête de Vivendi est également remise en cause, alors que l’homme d’affaires contrôlait – jusqu’à présent – moins de 10% du capital du groupe, notoirement éclaté il est vrai. Il creuse désormais l’écart avec les autres actionnaires, notamment le gestionnaire BlackRock, deuxième actionnaire avec, au 31 décembre 2014, 4,93% du capital de Vivendi. De quoi renforcer sa position avant une assemblée générale cruciale.
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