Boeing fourbit ses armes face à Airbus avant l’ouverture du salon du Bourget
A l’approche du salon du Bourget qui ouvrira ses portes dans moins de trois semaines, Boeing mène l’offensive pour regagner le terrain perdu ces derniers mois dans l’aéronautique civile au profit d’Airbus, filiale d’EADS. Lors de sa conférence annuelle à destination des investisseurs, le directeur général de l’avionneur américain Jim McNerney a estimé que les efforts entrepris pour réduire les coûts d’approvisionnement, ainsi que la capacité du groupe à trouver des sites de production moins onéreux, «feront la différence» avec son rival européen dans les appareils long-courriers bi-couloirs.
Il compte beaucoup sur le futur 777X, plus léger et économe en carburant, qui sortira en deux versions et sera opérationnel à la fin de la décennie. Cet appareil, dont la production n’a pas commencé, sera en concurrence directe avec l’A350-1000 dont la mise en exploitation est prévue pour 2017. La majorité des coûts de développement du «Dreamliner» (Boeing 787) étant réalisés, le groupe américain est désormais en mesure de diminuer ses dépenses de R&D au bénéfice de ses actionnaires. Il compte ainsi leur verser sous forme de dividendes et de rachats d’actions 80% de son cash flow libre. Pour 2013, il s’engage à respecter l’objectif initial de 2 milliards de dollars de «share buybacks», ce qui représente 77% du montant de sa trésorerie nette à fin mars.
De son côté, EADS avait déjà réalisé à la mi-mai la moitié de son plan de rachat d’actions de 3,75 milliards d’euros lancé voici deux mois. Avec une trésorerie nette de 9,2 milliards d’euros au 31 mars, il peut offrir des systèmes de financement particulièrement généreux, notamment dans l’aviation militaire qui souffre de la compression des budgets de nombreux pays occidentaux.
Pour renforcer ses chances de remporter contre Boeing ou Lockheed Martin une commande de 60 avions de combats en Corée du Sud, le constructeur européen a proposé vendredi dernier d’investir jusqu’à 2 milliards de dollars pour contribuer au développement du programme KF-X, en y incluant des transferts de technologie. «La Corée du Sud est un marché stratégique pour tous les métiers d’EADS, à savoir l’aviation civile, les hélicoptères, les équipements de défense et les satellites», a souligné Francisco Salido, porte-parole de Cassidian, filiale d’EADS. Le gagnant de ce contrat de plusieurs milliards de dollars devrait être connu le mois prochain.
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