Blue Capital a perdu près de 2 milliards d’euros avec Carrefour
Le nouvel avertissement lancé hier par Carrefour, et la chute de 5,92% du cours de Bourse, resserrent un peu plus l’étau autour de Blue Capital, le holding luxembourgeois créé en 2007 par Bernard Arnault et Colony Capital pour entrer au capital du distributeur. Les 9,1% achetés en 2007 ont en effet été payés 50,94 euros par action. Hier soir, le titre Carrefour cotait 16,85 euros, soit une chute de 67% par rapport au prix d’entrée. Depuis, le holding s’est renforcé, directement et via des instruments dérivés, pour porter sa participation à 11,09%, forcément à de meilleurs cours. Mais pas suffisamment pour véritablement réduire son prix de revient.
Au 31 décembre 2010, les quelque 75 millions d’actions Carrefour qui constituent l’unique actif de Blue Capital étaient valorisées 2,7 milliards d’euros au bilan, soit environ 36 euros par action. Au cours d’hier soir, l’actif ne valait plus que 1,27 milliard. Par rapport au bilan du 31 décembre 2007, la perte de valeur atteint ainsi 2 milliards d’euros. Sans compter qu’entretemps, les intérêts annuels payés par Blue Capital pour rembourser l’emprunt souscrit en 2007 se sont envolés de 195 millions d’euros tandis que les produits reçus, essentiellement les dividendes versés par Carrefour, ont baissé de 9 millions et ne couvrent pas les charges financières.
Dans ce contexte, même si ses résultats se dégradent encore, il est probable que le groupe continue à verser un dividende. Blue Capital ne peut en effet compter que sur ça pour rembourser la dette contractée en 2007 et refinancée partiellement début 2009. Les 3,23 milliards d’euros payés pour prendre 9,1% du capital ont été financés par un emprunt bancaire de 2,4 milliards souscrit à l’époque auprès de Natixis et de RBS. Le solde avaient été apporté en fonds propres par le Groupe Arnault et Colony.
{"title":"","image":"77540»,"legend":"BILAN ET COMPTES DE BLUE CAPITAL»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Oracle brave la conjoncture pour demander 20 milliards de dollars au marché
La société compte lever 10 milliards de dollars de dette et 10 milliards de dollars via des actions. Ces montants étaient connus, mais les dernières semaines ont rendu les investisseurs méfiants sur l’IA. -
La Turquie coupe des têtes après le scandale dans son industrie des fonds
Face à la crise provoquée par une affaire de fraudes et de manipulations de cours présumées impliquant plusieurs dizaines de fonds d'investissement, Ankara purge les sommets de sa finance et écarte des figures liées au pouvoir. -
La collecte des banques privées cotées françaises se grippe au troisième trimestre
À elles trois, BNP Paribas Wealth Management, Indosuez Wealth Management et Société Générale Private Banking ont collecté 5,6 milliards d’euros au troisième trimestre, contre 13,6 milliards au deuxième. Leurs revenus stagnent ou reculent sur trois mois, mais progressent d’environ 10% sur un an.
ETF à la Une
BlackRock accélère le développement de sa gamme d’ETF obligataires actifs
- Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
Contenu de nos partenaires
-
Come backPrésidentielle : qu'il se rase ou pas, Bruno Le Maire y pense très fort
Bruno Le Maire travaille discrètement, mais activement, à une candidature. Si les circonstances le permettent -
Les tendances du luxe d’ici 2030 et en quoi l’IA peut-elle le révéler
Continuité, fragmentation ou retour du sens ? Dans son nouveau livre « Le luxe à l’horizon 2030 » le consultant Yves Hanania dessine trois futurs possibles pour le luxe. Avec une conviction en toile de fond, celle que l’intelligence artificielle ne bouleversera pas le secteur, elle en sera le révélateur. -
Le style du pouvoir : quand les dirigeantes inventent leurs propres codes
A travers leurs vêtements, les femmes racontent une autre histoire du pouvoir, faite de quête de légitimité, de visibilité et d’affirmation de soi.